1er juillet 2017, s'ouvre un sentier d'espérance

03/07/2017 14:39

Benoît Hamon

 

1er juillet, s’ouvre un sentier d’espérance

Les bornes ancestrales de la politique française ont été arrachées du bord de nos cheminements citoyens et nous errons dans un brouillard qui ne nous laisse qu’entrevoir des ombres. En regardant de plus près, ces formes nous rappellent curieusement des silhouettes archaïques mais bien identifiables, une espèce de Louis le quatorzième, et, symétriquement, un régicide, une sorte de Robespierre. Un peu plus loin, gisent les restes de personnages pétrifiés qui laissent entrevoir des partis exhalant quelque vapeur.

L’Histoire bégaierait-elle ?

L’aiguille de la boussole semble avoir perdu de son magnétisme. Elle indique le Nord qu’on veut. Les vieux partis ont tellement dérouillé !

Alors quelle direction prendre ? Une pancarte toute neuve indique en lettres dorées gravées sur un fond noir : « Macron » en grand format, et en sous-titre « PDG de France-Bizness ». Pas du tout ce que je cherchais. Traînent sur une table les prospectus d’une inauguration de l'inauguration de la Station F, campus géant dédié aux start-up.  Je lis une phrase qui aurait prononcé le dit PDG :  «Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien».

Alors tout s’éclaire ! Ce nouveau grand patron qui vient de réaliser une OPA magistrale en achetant la France paraissait tout maîtriser, le temps et sa « communication ». Or il vient enfin de clarifier sa position, sans doute involontairement car on a beau jouer les Jupiter, on en est pas moins un humain doté d’un inconscient que, par définition, on ne maîtrise pas.

Enfin le bonhomme se découvre : l’aspect social du programme annoncé, ça n’était que du pipo : Macron nous a refait le coup du joueur de flute de Hamelin ! Sous prétexte de nous débarrasser de la misère, du chômage, de la dette et autres mirobolances, il balaie les espoirs de la France. Il dénie aux gens modestes, les pauvres, les petits, les sans-grades, le statut d’êtres humains. Le peuple pour lui n’est qu’un ramassis de « riens ». Les nazis, nommant les déportés, les qualifiaient de « Stück ». Le faible est chosifié.

Merci, Monsieur Macron, Président de tous les Français, du moins, des vrais, de ceux qui sont riches et cultivés. Ainsi nous apprenons que la France ne comporte pas 67 millions d’habitants mais seulement quelques dizaines, de ceux qui comptent…leur bonne fortune.

Voilà que, grâce à une seule petite phrase révélatrice, Macron invite tous les riens à lui prouver qu’ils existent et ça risque de chauffer.

Où donc ces riens vont-ils pouvoir s’exprimer ? Chez les Insoumis ? Pas tant que ce parti reste une secte, c'est-à-dire est coupé de la population par la véhémence haineuse de son gourou.

Alors ?

Alors nous est arrivé ce 1er juillet. Benoît Hamon nous ouvre un sentier d’espérance.