Alain Badiou / Michel Onfray

02/10/2015 16:53

Il y a peu de temps, un ami, agrégé de philosophie et professeur, auquel je disais mes limites, s’étonnait que je ne connaisse pas Alain Badiou.

Aujourd’hui, c’est moi qui en suis étonné. Comment ai-je pu méconnaitre un tel penseur.

Depuis, j’ai tenté de combler cette carence, et ai, souvent grâce à Médiapart, pu suivre le philosophe dans quelques unes de ses démonstrations.

La philosophie, pourtant passionnante, a pas été d’autant moins ma spécialité que porté par une impatience à intervenir dans le « réel », j’ai choisi d’autres disciplines. Mais sans doute ne dirais-je rien aujourd’hui de cette découverte si je n’avais le grand plaisir de me trouver en total accord avec les positions d’Alain Badiou. Je trouve que ce monsieur expose une vision de l’organisation de l’Humanité qui ouvre sur des perspectives porteuses d’espérance.

Je viens de suivre sur Médiapart, magistralement orchestrée par Aude Ancelin, la confrontation entre Alain Badiou et Michel Onfray.

J’étais curieux de savoir comment virerait ce face à face, et je ne fus pas déçu.

Je trouvai Alain Badiou égal à lui-même, attentif, respectueux de l’Autre, et exposant calmement et clairement son point de vue.

L’attitude de Michel Onfray me posait davantage question, Les quelques prestations précédentes de lui que j’avais pu voir et entendre m’avaient laissé le sentiment désagréable d’une performance de m’as-tu vu encyclopédique et bavard, visant surtout à imposer son point de vue avec condescendance.

Là dans cet échange, je l’ai trouvé assagi par la présence de son interlocuteur, bien campé – et pourquoi pas – sur ses positions, en en exposant les fragilités et le flou. J’ai eu le sentiment en l’écoutant que « libertaire » était synonyme de « solitaire ». Que sa vision du monde actuel, pessimiste -  mais qui ne la partagerait pas ?- n’ouvrait sur aucune perspective et encore moins de solution. Alors que l’universalisme d’Alain Badiou se révélait lumineux.

Onfray a écrit un » traité d’athéologie » mais il laisse entendre que la religion, notamment islamique, a de beaux jours devant elle. Alain Badiou qui entérine la mort de Dieu, mais trouve encore bien encombrant son cadavre, laisse espérer une communauté planétaire ou le fait d’être enfin « sujet » permettra d’éliminer les injustices. Et le plus drôle est que cet avenir ne me paraît pas utopique.