Attendre encore !

26/01/2016 12:19

 

 

Je pensais naïvement que le jour où la « commission Badinter » publierait son rapport, nous saurions enfin si, oui ou non, la France allait se doter d’un dispositif permettant de résorber rapidement le chômage de masse.

Mathilde Goanec de Médiapart n’en disait que du mal, mais son parti-pris était si évident qu’elle n’en était pas crédible. Aujourd’hui, si le fond de son discours n’a sans doute pas changé, « Les non-dits du rapport Badinter sur le droit du travail », s’inquiètent non des termes du rapport, dont elle salue finalement l’intérêt, mais de ce qui n’est pas écrit. Ces non-dits, d’autres tel le syndicaliste Laurent Berger, de la CFDT, ou Henri Sterdyniak, économiste atterré, l’appellent « la déclinaison des principes ».

Car si la commission Badinter a extrait les grands principes intangibles de ce qui semble être actuellement le monstrueux code du travail, il reste au législateur d’en préciser les applications. Ce que Mathilde Goanec appelle « les non-dits ».

Henri Sterdyniak est aussi de cet avis :

Dans son article « Code du travail, 35 heures : Valls et Macron cèdent à l'offensive patronale. Une erreur » l’économiste conclue ainsi :

Publié le 26-01-2016 à 06h57 - Modifié à 09h55

 « Le 25 janvier, la commission Badinter chargée de préciser les "principes fondamentaux du droit du travail", qui guideront la réécriture du Code, a rendu son rapport. Soit 61 articles, très généraux, qui n’ont aucune portée pratique sans textes d’application. Quel sens y-a-t-il à écrire, par exemple, "L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes doit être respectée", si ne sont pas mis en place des critères et des contrôles de cette égalité ?

 Toutefois, le texte rappelle que le CDI est la norme, que le licenciement doit être justifié "par un motif réel et sérieux", que la loi fixe un salaire minimum et une durée normale du travail dont le dépassement ouvre droit à compensation (mais de quel montant ?), que les salariés participent à la gestion de l’entreprise.

 Il reste flou, en revanche, sur la primauté des normes :

 "En cas de conflit de normes, la plus favorable s’applique aux salariés sauf si la loi n’en dispose autrement."

 Certes, le Code du travail doit sans doute être simplifié, mais le Medef doit renoncer à son illusoire stratégie de totale remise en cause. La modernité, l’efficacité, la performance productive ne passent pas par le développement du travail précaire, jetable, mal rémunéré, mais au contraire par la promotion de l’emploi de qualité, avec des salariés bien formés et rémunérés, investis dans leur entreprise. »

 En conclusion, nous devons encore patienter jusqu’en mars. Mais étant donnés les divers renoncements de Hollande que beaucoup de personnes de Gauche estiment trahisons, j’avoue ne plus croire au « miracle ». Ce ne sera sans doute pas demain la veille du jour où la plupart des chômeurs trouveront un véritable emploi !