ATTENTION. MERES. TRES FRAGILE

30/09/2014 00:13

 

 

ATTENTION. MERES. FRAGILE !

Modifications du congé parental

 

Face à l’ampleur du trou de la Sécurité Sociale, Marisol Touraine envisage de restreindre les avantages actuels des congés parentaux.

Il est évident qu’après des décennies de gabegie, il soit impératif de faire des économies, mais je suis persuadé qu’il est très dangereux de toucher à ce qui permet à des parents d’élever sainement leurs enfants en bas âge.

C’est vrai que comparés à la désastreuse condition des parents dans l’immense majorité des pays de la planète, et pas seulement les plus pauvres, les avantages accordés en France, à la famille autour d’une  naissance peuvent paraître un luxe ahurissant. Mais ça n’est pas une raison pour les supprimer, d’autant qu’en ce domaine, il reste encore à faire.

Je me permets de tenir ces propos avec fermeté parce que durant une trentaine d’années de vie professionnelle en tant que psychologue clinicien dans la région lyonnaise, intervenant en Centre de Santé ou en hôpitaux de jour, j’ai été le témoin des dégâts dramatiques, souvent irréversibles, causés par les dysfonctionnements que subissaient les familles autour des naissances.

J’ai eu l’immense chance de travailler en équipes pluridisciplinaires, compétentes et généreuses, qui tentaient de colmater les brèches que causent les temps modernes, surmenage des parents, vies à cent à l’heure, accident déstabilisant…Que, grâce à la législation, les mères d’abord, et récemment les pères, puissent prendre le temps de bien s’occuper de leurs petits a sauvé sans doute bien des personnes de troubles psychiques à vie.

Ce qui fait le génie humain par rapport aux animaux qui n’ont pas cette chance, c’est l’immaturité des trois premières années qui, dans un contexte de sérénité, va permettre à l’enfant d’acquérir les outils nécessaires à une vie épanouie.

Sans négliger l’importance du patrimoine génétique qui entre dans l’élaboration d’un petit humain, il me paraît toujours aussi évident que les conditions de vie des parents, leur histoire, celle des ancêtres, de la fratrie éventuelle, entrent pour une bonne part dans ce qui fera d’un nourrisson une femme, un homme heureux.

Le rôle de la mère surtout, ses projets, la gestation, puis les tout premiers mois de vie mère/ nourrisson me paraissaient si importants que, relatant le travail collectif d’une équipe de thérapeutes accompagnants cinq enfants psychotiques, j’avais intitulé le livre : « Mères en détresse, naufrage d’enfants ».

Je crains que, si visant le court terme, le Gouvernement tente de faire des économies sur le dos de la petite enfance, nous le paieront vite très cher en dégâts humains de toutes sortes. Ce serait dramatique.

Je pense infiniment plus judicieux, et rentable à court, moyen et long terme, de supprimer le Sénat.