Aux 30% de socialistes qui s'estiment être les seuls de gauche

01/06/2015 00:53

 

Chers 30 %, je suis assez d’accord avec vous pour reconnaître que notre planète va mal, avec ses inacceptables milliards de miséreux sans avenir, ses millions de morts précoces, et la fin possible à court terme de la terre.

Je reconnais aussi volontiers que, même si la France fait partie de ces pays relativement privilégiés que beaucoup aimeraient habiter, elle est loin d’être parfaite, avec l’insultante richesse d’une majorité de ses fortunés et les conditions d’une vie de pauvreté d’un cinquième de sa population.

Oui la France est loin d’être parfaite. Et comme vous, toute une partie de ses citoyens, dont je suis, aimerait que ce Pays soit plus véritablement démocratique, que sa devise, liberté, égalité, fraternité, ne soit pas que mots gravés dans la pierre mais réalité vécue par tous au quotidien.

Je vous crois, chers 30 %, honnêtes, intelligents, de bonne volonté et désireux que ça change, mais rien du peu que j’ai pu lire venant de vous, au temps où je vous lisais, ne m’a paru être de vraies solutions, car méconnaissant une réalité tellement complexe. Il est tentant de se persuader qu’à la place de ceux qui ont reçu légalement la charge de gouvernance, et pour lesquels on a pourtant voté, on ferait mieux qu’eux. Les « y a qu’à » fleurissent lorsqu’on n’est pas en responsabilité.

Alors j’aimerais savoir ce que vous pensez d’une proposition que, comme moi, vous avez pu découvrir dans Médiapart et d’autres média. Elle émane d’un universitaire, Dominique Rousseau.

 Ce professeur de droit constitutionnel a constaté l’impossibilité inéluctable des  élus d’entendre la voix du peuple, celui qui vit la réalité quotidienne, qui est fait de ces gens qui sont et font concrètement la France. Car les personnes qui sont censés représenter le peuple sont quasiment tous des cadres, surtout supérieurs, ayant le profil patronal. Il leur est impossible, malgré leur bonne volonté  et leurs compétences, de comprendre par l’intime, en le vivant eux-mêmes, les besoins et les aspirations des gens, notamment des chômeurs et des jeunes.  Or ce sont eux qui, prenant les décisions et légiférant, déterminent la vie de leur concitoyens.  

La solution ?

Dominique Rousseau prône la création d’une Assemblée Sociale, véritablement consultative et décisionnelle, qui siègerait à côté de l’Assemblée Nationale.

Cette nouvelle assemblée émanerait des instances du peuple : délégués d’associations, des syndicats, de groupements divers, tous parfaitement au courant des problèmes quotidiens de chacun.

Je pense que la question du financement d’une telle institution serait résolue en attribuant à celle-ci le budget actuellement consacré à un Sénat définitivement inutile.

Cette proposition, affinée, concrétisée, ne mériterait-elle pas un référendum ?