Aux tout nouveaux adhérents du RPR

25/10/2015 09:17

                          Aux tout nouveaux adhérents du RPR

Des amis plaisantins m’ont laissé entendre que mon précédent billet pourrait me faire soupçonner d’être dans le secret des déesses et d’avoir ainsi  dévoilé l’idée que Madame Le Pen songeait à abandonner le sigle vieillot de « FN », histoire d’enterrer définitivement son encombrant pater.

 Cette appellation jadis parfaitement contrôlée serait devenue ringarde, trop évocatrice d’une époque révolue laissant le souvenir de vociférations animales. Madame Le Pen promettant du nouveau en donnerait ainsi la preuve. Il ne s’agirait plus d’Efféner, c'est-à-dire de rugir, mais de susurrer, de charmer, de séduire.

Aussi j’affirme que si le FN se meut en un émouvant RPR, je n’y suis strictement pour rien.

Mais puisque je tiens accidentellement en mains les deux bouts bien réels d’une chaîne encore virtuelle, Nord Pas de Calais et PACA, je souhaite m’adresser aux deux pôles de ce mouvement nouveau-né. Car en vous unissant ainsi, Mesdames et Messieurs les nouveaux adhérents, vous réaliserez sans doute une première mondiale : l’entente cordiale entre très riches et très pauvres. Du jamais vu ! Un exploit !

Que des pauvres deviennent riches, que des riches deviennent pauvres, ça n’est, si je puis dire, que monnaie courante.

Un pauvre devenu riche opère un changement de camp proche de la haute trahison. Oubliant ses compagnons d’infortune, et honni d’eux, il a honte d’avoir eu à les fréquenter. Pour un parvenu à richesses, les pauvres, ça n’a plus d’existence, ça n’en a jamais eue. Le nouveau riche appartient désormais à un monde heureux et pas question pour lui que des souvenirs sombres viennent en gâcher le bonheur.

Un riche qui devient pauvre, c’est une tout autre paire de manches. Il doit d’abord consacrer l’une des deux (manches) pour sa propre subsistance. De quoi s’offrir un gros rouge consolateur, qui ne fera que douloureusement évoquer les millésimes prestigieux jadis dégustés. Les rires cristallins d’antan joueront les acouphènes pour tenter de couvrir l’obscénité des bruits environnants.

Les très riches ne proclameront jamais assez l’immense bonheur d’un pauvre qui a la chance de n’avoir jamais connu la richesse (si tant est qu’il puisse la concevoir).

Riches et pauvres se considéraient jusqu’alors comme races aussi différentes qu’être blanc ou noir, héréditairement ennemies, d’où l’exploit de Madame Le Pen de réunir en son sein deux réalités jusqu’alors opposées. Il ne faut pas craindre un cancer !

C’est pourquoi je prétends que vous, les très pauvres du Nord, et vous, les très riches du Sud réalisez une première dans l’Histoire des humains si vous parvenez à faire cause commune.

Et pourtant, même lorsqu’il s’agit de la vie de la planète, et donc de la survie de l’Humanité, cette union sacrée s’avère impossible. Les riches polluent la planète éhontèment et refusent de consacrer une part minime de leurs fortunes pour en freiner la fin.

Les pôles, Nord et Sud, devraient donc normalement se fuir, tout comme les pôles magnétiques, or, par la grâce exquise de Madame Le Pen, vous parvenez à vous unir.

Stupéfiant !

En fait, terrifiant ! Car ce ciment miraculeux seul capable de vous souder est

LA HAINE

La haine de cet Autre pourtant semblable, auquel pauvres et riches d’un même pays refusent le statut d’être humain : Il n’exhale pas votre odeur. Il n’a pas votre couleur de peau. Il ne se douche pas tous les jours. Il ne goûte  pas à vos mets. Il ne parle pas votre langue. Il n’adore pas le même dieu. Il n’en adore aucun. Il …

Il est la vie, et vous, riches ou pauvres, si vous comptez sur la haine commune  que vous inspire la peur pour faire l’unité du Pays, c’est un cénotaphe que vous élevez, qui recevra vos restes et ceux de vos enfants, et que, dans le béton, vous aurez gravé

                                                             «  France ».