Beaucoup plus qu'une bourde

16/02/2015 17:28

     

 

BOURDIN, l’entreteneur du matin sur LCI de « Choisissez votre camp », a semble-t-il commis la faute du débutant qui n’a pas encore intégré complètement l’éthique de tout journaliste compétent, c’est-à-dire honnête, celle qui, dans leurs questions, n’induise pas la réponse, ne pousse pas la personne interviewée à répondre dans un sens plus que dans un autre. Ce piètre interviewer aurait ainsi l’habileté de faire dire à son vis-à-vis une information que celui-ci n’a nulle intention de formuler et qui peut même être le contraire de ce qu’il pense.

Machiavélique méthode qu’un journaliste véreux sait employer pour fabriquer du sensationnel, voire du scoop, et ainsi, vendre de la copie, ou s’acheter de l’audience, ce que certain appel « populisme »  ou « démagogie », ou « intox » et d’autres simplement « malhonnêteté ».

Mais jugez-en plutôt :

Ce monsieur Bourdin, de LCI, a habilement suggéré à un homme politique, qui, en son temps fut célèbre, Roland Dumas, mais dont le nom est désormais inconnu des générations actuelles, l’occasion de faire parler de lui. Notre Bourdin a fait dire à l’ancien politique que Manuels Valls avait des accointances avec le milieu juif. Or le pire est que le pur et innocent prétendu journaliste a parfaitement raison : Manuel Valls est si proche du milieu juif qu’il en a épousé un enfant, devenu belle et très talentueuse femme, il est vrai. Il en est tombé amoureux ! La connivence est flagrante. Ô scandale !

Pas de quoi protester, direz-vous. L’amour nous révèle tant de belles surprises !

Mais moi qui ne suis pas journaliste me suis mis à enquêter. J’ai découvert que ce Bourdin était né dans un milieu aisé, qui plus est, protestant. Que peut donc faire un protestant sinon de protester ? Par la suite, il a conquis son autonomie en devenant athée. Mais chassez le naturel…: le sieur a retrouvé ses sources et s’est marié avec Anne Nivat, reporter de guerre, qui, de religion protestante, ne peut que l’encourager à guerroyer en protestant véhémentement contre tout ce qui se présente. Et là, l’occasion était trop belle. Bourdin avait sous la main un brave homme de 92 ans, tout heureux d’être en fin entendu (à cet âge-là, et j’en sais un peu quelque chose, on vous prend pour un radoteur, ça lasse). Dumas, diplomate qu’il fut, a perçu sous le grossière question, la réponse à donner qui ferait du bruit. Et il la suggéra !

Tout heureux Bourdin, ravi, sentit qu’il le tenait son scoop : La moitié de la France, FN et UMP enfin réunie, allait pourvoir hurler au complot, dénoncer l’infâme alliance :

           Le Gouvernement français est vendu à la juiverie internationale!

Bourdin peut être fier. Il a réussi à réveiller la haine qui couve en permanence chez tous ceux qui n’ont pas compris que le mauvais, le dangereux il est chez ceux qui sont incapables de lire correctement et de comprendre que seul le respect de la chartre des Droits de l’Homme est capable de leur rendre un peu de leur dignité.

Ça n’est pas en profanant les tombes israélites, pas plus que celles de leurs propres ancêtres qu’ils deviendront plus riches de sentiments, d’amour, des humains, quoi !

 

Une question pour moi reste un mystère : Bourdin a-t-il réalisé que celui qui lui a fait confiance, Alain Weill, est, si je me fie à son nom, d’origine juive.    

Serait-il fâché avec son patron ?