Benoît Hamon, le grain de sable

30/03/2017 01:22

Bien sûr,  je peux me tromper, mais aujourd’hui, grâce à l’apparente trahison de Vals, je crois avoir compris la stupéfiante  situation qui nous est imposée à nous autres petites gens de gauche. Ce qui suit n’est bien sûr qu’une hypothèse, mais qui me semble tenir la route.

Je crois que si François Hollande a laissé filer son quinquennat en lui donnant l’apparence d’un échec, cf le taux de mécontentement Français, c’est pour le terminer par un coup d’éclat, une révolution de la vie française, une modification fondamentale du paysage politique de la France : la suppression des partis.

François Hollande avait  prévu de très longue date ce changement qui se ferait en douceur. Il avait tâté le terrain et eu l’intime conviction que le pays était mûr pour un changement profond des mentalités. Avec une équipe réduite, plus semblable à une bande de conspirateurs qu’à un Conseil des ministres, il avait établi son plan. « Le plan, c’est l’essentiel ! » lançait le Général ! Il lui fallait un homme, beau, jeune. brillant, séducteur, charismatique, à l’aise dans tout milieu, beau parleur,doté d’humour et du sens de la répartie, capable d’enthousiasmer une foule, intelligent donc, mais aussi cultivé, surtout en économie,  et un peu comédien, aptitude indispensable en diplomatie et pour capter un public.(voir Mélenchon)

François Hollande a testé plusieurs sujets, embauchés comme conseillers et eu le sentiment de trouver celui dont il rêvait : Emmanuel Macron, un bel inconnu que ses experts en communication allaient façonner. L’élu semblait avoir toutes les qualités requises, un parfait produit de casting, jusqu’à son nom : « Emmanuel » qui signifie « sauveur », Mac,  c’est évocateur, et ron, c’est rond, sans aspérité ! C’est important l’imaginaire des individus et des foules. « Macron Président ! Macron Président ! ». Ça ne sonne pas trop mal. Autre vertu, le bonhomme est rigoureusement inconnu. Quelqu’un de tout neuf. Rien à voir avec les éléphants et autres diplodocus constamment recyclés. Le public exige de nouvelles têtes ? il va être servi. Macron va surgir de sa boite comme le petit Jésus à Noël, mais il possède quelque chose qui le différenciera de tous et accrochera les revues à sensations et donc le brave public populaire : adolescent il a séduit sa prof et ils se sont mariés. Pas courant ! L’inverse, tellement banal, voire déplacé, le desservirait.

Ainsi, de conseiller du président, Macron devint ministre. Il le sera deux ans, le temps d’inviter à de fins repas toute une série de personnages influents susceptibles de le soutenir, financièrement bien sûr mais pas que. Certes ses initiatives ministérielles laissèrent à désirer, mais l’importance des  préliminaires de sa future fonction l’emportait sur le reste.

Soudain un coup de tonnerre explose dans un ciel sans nuage, Monsieur le ministre démissionne de son poste et proclame la création d’un mouvement qui va changer la France « En marche ».

Surprise, interrogations, partis et syndicats lèvent leur truffe de leur os. « Quésako ? » « Qui c’est celui-là ? ». Un petit nouveau ? Un intrus ? On est assez comme ça ! Un de plus et on pointe au chômage ! Et l’intrus s’implante ! Et l’intrus supplante ! Les airs narquois s’estompent. Mais il vient nous voler notre pain ! Au secours, mes électeurs !

François Hollande se frotte les mains. Nous ne se sommes pas trompés. Il est vraiment bon. Nous allons réussir !

Reste la formalité de la primaire de gauche. Vals est donné  favori comme prévu. Une fois élu candidat légitime du PS, Valls se donne à fond dans sa campagne, mais le PS a une telle mauvaise presse grâce au président qui l’estime ringard et veut le liquider, que les voix des sympathisants  se reporteront sur Macron. Et là Macron ouvrira son mouvement à toutes personnes de bonne volonté, quelles que soient leurs origines. La France deviendra alors une nation qui en aura fini avec ses guéguerres de partis, de droite et de gauche,  mais dont les citoyens s’uniront sur de nouvelles bases, fraternelles, pour faire enfin de la France une démocratie heureuse et conquérante.

Sauf que Benoît Hamon vient gripper la belle mécanique. Il a battu Valls. Il a gagné la primaire, il est devenu le présidentiable officiel du PS. Il se bat pour offrir à la France un avenir désirable. Il fait revivre le PS, avec panache et l’énergie du désespoir.

Normal que les éléphants du PS lui en veuillent. Il a contrarié leur plan.

Le PS à bout de souffle, fini ? ainsi que tous ses adversaires le désirent ? Pas si sûr. Le PS, quoiqu’on dise, a de beaux restes.