ça vole bien bas !

07/10/2015 16:50

 

Les images montrant  DRH et PDG d’Air France fuyant, dépenaillés, des excités dangereux, ont paraît-il, fait le tour du Monde.

 Air France qui, en difficulté, cherchait une solution pour améliorer sa situation, semble, de fait, vouloir disparaître.

 De bons apôtres, de ceux qui prétendent défendre les intérêts de leurs semblables, vont devoir rendre des comptes pour incompétence et délit.

 Non seulement ces personnes ne sont pas parvenus à sauver des emplois comme on les avait chargées, mais elles vont sans doute contribuer à en perdre beaucoup d’autres.

 Qui dans le monde choisira à présent Air France ?

 Il ne s’agit pas là de la tragique défaillance d’une seule personne, comme ce fut récemment le cas dans une autre compagnie, mais de celle de tout le personnel à travers ses représentants.

 Cet incident me paraît significatif du fonctionnement de notre société.

 Nous vivons sous le dictat du « chacun pour soi ».

 Comme dans la chanson de Brel, « les bourgeois », un  enfant de « bonne famille » (elle moins souvent), sans aucune inquiétude quant à son avenir, mène souvent une vie estudiantine relativement agitée. Il, , a vite fait de se ranger en entrant, éventuellement par piston, dans l’entreprise convoitée. 

La vie de famille aidant, l’ambition le prend de dégommer son supérieur et enfin d’atteindre les sphères suprêmes, voir de s’emparer du bâton de maréchal. 

Du panorama qu’offre son bureau, tout en haut de la tour, le cadre pourra contempler les fourmis qui œuvrent  à sa gloire, sachant depuis toujours qu’aucune n’est aussi laborieuse que veut bien le dire la fable.

 Côté personnel, si vous n’êtes pas né une cuiller d’argent à la bouche, il va vous falloir travailler dur pour réaliser votre rêve. Par exemple enfant, c’était pompier, adolescent c’est devenu pilote de ligne.

 Quelques bons films vous ont convaincu que pour draguer, c’est l’idéal. L’uniforme, l’aura qui accompagne le conducteur d’un énorme cigare volant, vous donnent une place intéressante dans la société, et les voyages, la découverte des pays, le mouvement, sont autant d’élément déterminants.

Mais voilà, au début vous êtes au-dessus d’un petit nuage, c’est merveilleux. Puis, ça devient monotone, et enfin très fatigant. Vous rêvez de stabilité, de vrai confort, d’un seul amour, d’enfants à voir grandir…

Votre salaire mirobolant au départ vous apparaît dérisoire, c’est peu payé pour les inconvénients. Alors vous revendiquez, méchamment…

 Pour hôtesse de l’air, même rêve, même ambition, mais la réalité vient vite anéantir l’idéal, et ça devient usant.

 Et même pour les emplois moins rutilants, faire partie de « AIR France » ça jette. Alors lorsqu’on vous jette !

 Et pendant ce temps, lorsque les volants survolent les déserts arides ou crèvent des personnes qui vont risquer la noyade pour survivre, lorsque à huit mille pieds sous le cockpit, des gamines  s’usent les doigts et le dos à nouer les fils d’un tapis haute-laine pour un centime la journée, lorsque la misère de quelques milliards d’humains grouille sous vos ailes, vous, les gens d’AIR- FRANCE, vous geignez.

 Lorsque l’écart entre le salaire d’un DRH et celui d’une ouvrière du Bengladesh sera de 1/10, alors oui, le monde sera plus beau, même vu du ciel.