Catalogne / Espagne, l'insoutenable déchirure

06/10/2017 12:09

 

Comment ne pas être profondément attristé face à cet affrontement qui oppose deux peuples amis. Difficile de comprendre ! Dans notre famille, des liens forts se sont noués avec des amis catalans, nous permettant de saisir la richesse de leur culture millénaire et le puissant sentiment d’identité qui lui est associé.

Où donc est l’erreur de ce peuple ? Est-ce sa revendication à son droit d’exister, comme le fait toute minorité menacée par l’entourage d’une culture majoritaire ? De nombreux exemples prouvent que cette difficulté n’est pas insurmontable, que la diversité peut au contraire participer à la richesse de l’ensemble. Alors ?

Le Gouvernement espagnol estime que par ses revendications, la Catalogne se situe dans l’illégalité. Mais est-ce illégal d’exiger d’être respecté en tant que qu’être humain appartenant à une communauté d’Histoire, de langue, de coutumes, d’identité ?

Si un texte juridique vient à l’encontre de ces exigences, et place un peuple en situation d’illégalité, n’est-ce pas parce que le texte lui-même a figé les peuples dans une situation inadaptée à l’évolution et est devenu obsolète ? On peut émettre l’hypothèse que ce ne sont pas les peuples de Catalogne, de Galice,  basque et autre qui sont dans l’illégalité mais que ces peuples manifestent des aspirations légitimes que la Constitution de 1978 réprime par une violence inacceptable qui n’obéit illégalement qu’à la seule loi du plus fort.

Si le 31 octobre 1978, jour de son adoption avec une large majorité par le Cortès, et si une grosse majorité des électeurs d’Espagne a répondu positivement au décret du roi Juan Carlos lors du référendum du 6 décembre 1978, il ne faut pas oublier la très forte abstention de la Galice et du Pays basque qui déjà doutaient.

Cette majorité indubitable qui a doté l’Espagne d’une Constitution n’était-elle pas en partie due au désir d’oublier les abominables Lois fondamentales (Leyes fundamentales) du régime franquiste ? En reste-il encore quelque chose, non seulement par les démonstrations de violence de ces derniers jours, mais par l’attitude arrogante d’un Pouvoir qui méprise ceux qui menacent son autoritarisme ?

Un régime qui ne sait s’imposer que par la force et la peur qu’il inspire n’a aucun avenir. Peut-être est-il encore temps de s’assembler autour d’une table et d’analyser sereinement la situation. Seul le respect de l’Autre peut apporter une solution.