Chroniquez et niquez, il en restera toujours quelque chose !

23/12/2015 19:23

 

 

C’est ce que fait régulièrement, avec application, monsieur Gérard Courtois, dans le quotidien « le Monde ». Ainsi aujourd’hui encore ce titre : Hollande-Le Pen, alliés objectifs.

La chronique commence par la très pertinente citation d’un lecteur en colère qui demande à l’auteur de changer de logiciel. Comme quoi, les politiques auxquels il est souvent reproché d’être sourds aux appels du peuple ne seraient pas les seuls. Bien sûr, chacun des citoyens peut se reconnaître ce défaut, mais en principe la presse est là pour l’éclairer. Or Gérard Courtois refuse d’entendre le lecteur qui l’invite à faire du bon journalisme, à la Florence Aubenas, précise ce dernier, et il persiste.

On attend de Plantu qu’en quelques fins coups de crayon il offre une caricature qui croque une situation. A un chroniqueur qui dispose de tant de place, il est demandé, sans exclure l’humour, d’apporter la nuance et non, comme dans cet article, une grossière analyse que même le non-spécialiste que je suis pourrait faire en bavardant sur un coin de comptoir.

Que dit Courtois ? Que le score du FN grossit toujours plus des voix de ceux qui sont très mécontents. Que la droite sans idées, sans projet, aux multiples leaders concurrents tire à hue et à dia et que leur ancien et redoutable patron que personne ne craint plus, se retrouve être un pitoyable has been. Que la gauche de la gauche s’émiette un peu plus, et ne peut constituer pour personne une force d’appoint. Que les EELV loin de s’élever baissent. Que le PS est très malmené par son  Président, Gouvernement y compris, auquel il est reproché de faire une politique de droite, c'est-à-dire aux ordres de la Finance. Que Hollande a beau faire, le taux de chômage est resté catastrophique. Que si cinq des régions sont restées sous présidence socialiste, il s’agit d’un miracle, donc du retour d’une droite chrétienne.

Tout cela, on le sait.

Par contre, ce que l’on ne sait pas, ou que, espérant encore en une certaine honnêteté chez certains politiques, nous refusons de nous dire, c’est que tous, comme Courtois, ne pensent qu’à la prochaine élection présidentielle.

Que la droite y pense, comme le défilé de ses leaders l’a montré avant même la fin des résultats définitifs des régionales, c’est normal. Ils sont dans l’opposition et ont hâte de reprendre le pouvoir. Mais que Courtois clame comme une certitude que la préoccupation prioritaire et quasi unique de François Hollande n’est, ni le problème du chômage et la misère de ceux qui y sont englués, ni la France en général et le contexte dramatique, national ou international, ni la reprise économique, ni, ni…mais seulement sa réélection, c’est entonner avec ceux qui, se prétendant intègres, crient : « Tous pourris ! »

Courtois ne le dit pas, mais par cette expression « alliés objectifs », Courtois laisse entendre qu’en fin stratège, et par pure intérêt personnel, Hollande manœuvre de telle manière de se retrouver en compétition avec la seule Marine Le Pen, certain que, comme la gauche la fait lors de la dernière élection de Chirac, la droite ne pourrait que voter pour lui.

Non seulement cette hypothèse me paraît peu probable, parce que je crois que la droite est trop intelligente, s’étant enfin débarrassé de l’encombrant et stérile Sarkozy, pour se trouver un chef, honnête et rassembleur, et qu’elle sera en mesure de l’emporter sur une gauche qui, d’ici là n’aurait pas réussi à redresser la barre. Ce que, pour ma part, j’espère à partir de fin janvier.

Ce dénigrement systématique proclamé par Courtois, avec la large complicité du Monde, n’est pas fait pour inciter les citoyens à participer activement à la marche de leur Pays. Je trouve cette attitude regrettable.