Commentaires

20/11/2015 11:26

Bernard Uguen a posté un commentaire sur MDP et a accepté que j'en diffuse notre échange le voici donc :

19/11/2015, 05:43 | PAR BERNARD UGUEN

Dans une supposée "démocratie" qui est incapable  d'installer une règle stricte sur le cumul des mandats, des modalités honnêtes pour un référendum d'initiative citoyenne, vous proposez de commencer par l'instauration du tirage au sort. 

  • "Changeons d’abord le mode de désignation de nos représentants en instaurant par exemple le tirage au sort " .

Alors soit  vous croyez cela possible dans la société française actuelle et vous connaissez la tactique et les modalités à employer  et vous les exposez,

soit vous faites un article auquel vous ne croyez même pas, vous même.

 

19/11/2015, 09:13 | PAR JEAN-MARIE CHARRON EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE BERNARD UGUEN LE 19/11/2015 À 05:43

Bien sûr qu'actuellement le tirage au sort parait impossible tant les personnes qui sont aux manettes si cramponnent férocement. Mais reconnaissez-vous que le statu quo soit souhaitable. Pourriez-vous affirmer que nous vivons en démocratie au sens strict du terme et qu'il ne faut rien changer. Plusieurs tables rondes à Avignon organisée par MDP cet été ont abordé la question et ont conclu à sa faisabilité. C'est une question de volonté politique. Or le changement ne peut pas venir de ceux qui en tirent grand profit. Ce système du tirage au sort fonctionne très bien lorsqu'il s'agit de choses sérieuses comme du sort d'une personne en cour d'assisses. Les jurés tirés au sort une fois installés dans leur fonction prennent très au sérieux leur rôle et se montrent finalement compétentes. Le système qui consiste à élire une personne qui s'est présentée, poussée ou pas par un groupe qui l'estime compétente pour défendre des intérêts pas toujours collectifs et dont la tchache va faire croire qu'il est le meilleur, comme il  (elle) le prétend, ce système vous paraît-il préférable ? La majorité des élus est-elle compétente ? Elle se professionnalise et s'arrange pour ne pas avoir à céder la place. Une seule fonction demande une grande disponibilité et travail, alors, et vous avez raison, comment les cumulards peuvent prétendre faire correctement leur boulot ? Si changement il y a il ne faut pas les demander aux personnes en place. Elles ont trop à perdre personnellement, et l'intérêt public n'entre pas en compte. Le changement ne peut venir que de l'extérieur, or ceux qui vont voter une nouvelle Constitution sont en place et ne le feront qu'en fonction de leur intérêt personnel. Alors oui, la démocratie, dans ces conditions, est un leurre, une si énorme tromperie que nous devons la taire et accepter notre sort en se disant qu'il y a pire, ce qui est vrai. Mais est-ce suffisant ?

19/11/2015, 11:10 | PAR JEAN-MARIE CHARRON EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE JEAN-MARIE CHARRON LE 19/11/2015 À 09:13

Bernard Uguen merci de m’avoir interpellé et de me dire que ce que je défends dans mon billet, sans doute que moi-même n’y crois pas. Or j’y crois ardemment, mais à la manière de Dom Quichotte, avec l’impression de me battre contre des moulins à vent, d’essayer  d’atteindre l’inaccessible étoile.

Mais si je défends ce point de vue, c’est que pendant des années, j’ai expérimenté, vécu dans mes tripes et entraîné d’autres personnes dans des aventures impossibles. J’ai animé de nombreuses sessions de « dynamique de groupe ».

Des organismes de formation me confiaient l’animation de stages, en général résidentiels, c'est-à-dire que pendant huit jours les personnes étaient coupées de leur milieu. Les personnes en question pouvaient être des cadres de l’industrie, des chefs d’entreprise, des jeunes gens préparant un Bafa, des directeurs ou économes de Centres de vacances, des secrétaires de mairie, de la mairie d’un village de 150 habitants au secrétaire de mairie de Bordeaux, de Strasbourg, des travailleurs sociaux, des étudiants de première année de Fac ou des doctorants etc…

Et moi j’étais le chef, le spécialiste, celui qui savait et auquel les stagiaires se soumettaient vaguement inquiets, dont ils étaient avides de boire ma parole, de partager mon savoir.

Or, le groupe réuni (une quinzaine de personnes) je prenais effectivement la parole pour fixer les horaires, le cadre du travail, et son but qui était d’essayer de comprendre ce qui se passait  ici et maintenant, ce que chacun éprouvait, ce à quoi il pensait. Tout passait par la parole. On pouvait tout dire mais on n’agissait pas. Si on avait besoin de sortir, on le disait, mais on ne sortait pas…

Une fois le cadre fixé, je me taisais et attendais.

Or, ils se taisaient et attendaient. Ils attendaient que je leur dise ce qui se passait ici et maintenant, leur pensée, leur désir, le vide éprouvé, tout. Car je savais puisque j’étais le chef, certifié, reconnu par leurs chefs.

Et le silence se prolongeait, dix minutes, une heure, parfois deux.

Ce silence inaugural dépendait de chaque groupe, insupportable pour certains au point qu’il est arrivé que certaines personnes ne le supportent pas et explosent, hurlent, vocifèrent. Il est arrivé qu’une personne, chef d’entreprise et en principe costaud, s’écroule sur le sol et rampe vers moi, asphyxiée, me quémandant de l’air. C’est dire si la première séance était une épreuve difficile. Puis progressivement les choses se disaient. Je me souviens par exemple d’une grande émotion partagée par tous : une jeune fille dont on n’avait pas encore au bout de quelques jours entendu le son de la voix dire qu’elle  n’avait jamais pu exprimer ce qu’elle ressentait, pas plus en famille, qu’au travail (elle était pantalonnière)  payée à la pièce, une contre-maîtresse sur le dos, avec interdiction de parler et même de chantonner. Le groupe était scotché. Elle prit ainsi la parole durant plus d’un quart d’heure, pour soudain s’arrêter. Elle réalisa qu’elle venait, elle, la taiseuse, d’intéresser des gens.

Ce que je veux dire par là, c’est que nous les humains ne supportons pas le silence, souvent synonyme de mort. Alors très vite quelqu’un rassure tout le monde et prend la parole. C’est bien pratique. Le silence pour les autres devient un refuge, confortable au début, puis lourd et enfin insupportable. Tandis que l’orateur prend un pouvoir vite contesté par un autre orateur. Mais la masse demeure silencieuse et passive, persuadée de son incompétence.

Sortir de ce cercle vicieux devient très difficile, sauf peut-être si on en prend conscience.

Allez savoir !

 

 

 

19/11/2015, 14:08 | PAR BERNARD UGUEN

Monsieur Charron,

sur le tirage au sort, j'ai ma position.

Je suis contre pour les fonctions décisionnelles, je suis pour, pour les seules fonctions de contrôle.

mais je ne vais pas développer les raisons pour lesquelles je suis contre pour désigner des représentants ayant le pouvoir de décision, parce que de toutes façons ça n'arrivera pas.

En revanche pour  institutionaliser un contre pouvoir citoyen ( fonction de contrôle des élus et organismes publics et parapublics ) oui j'y crois  et je milite pour ça. voir mon blog sur médiapart. ( https://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-uguen/020713/fonctions-dun-contre-pouvoir-citoyen-2 )

19/11/2015, 14:48 | PAR JEAN-MARIE CHARRON EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE BERNARD UGUEN LE 19/11/2015 À 14:08

J'ai lu et votre proposition me paraît très intéressante. Mais elle ne me paraît pas suffire., tant que les élus seront si peu issus de l"ensemble de la population. Ceux qui décident resteront, même de bonne foi, très mal informés, car issus d'un milieu favorisé. Et si en plus ils sont très partiaux, leurs décisions prêteront à caution...Gens de milieu modeste ne signifie pas idiots. Pourquoi ne pourraient-ils pas eux aussi participer aux décisions.