Conseil d'écriture aux personnes haineuses

11/04/2016 17:31

 

 

Il fut un temps où s’exprimaient en toute liberté des personnes haineuses qui, profitant de la liberté d’expression offerte par MDP,  pratiquaient l’insulte comme seul argument. J’ai l’impression que ces personnes ont compris que ce type d’expression ne menait pas à grand’chose et même desservait leur cause. Il me semble qu’il y en a beaucoup moins.

Aussi est-ce aux personnes haineuses qui n’ont pas accès à MDP que ce billet s’adresse, ce qui est la meilleure façon, n’étant donc pas lu, de ne pas être contredit.

Je voudrais ne pas leur faire part d’une récente découverte due à un pur hasard et qui m’a stupéfié.

Suite à une déconvenue qui m’avait mis en colère, j’avais décidé de m’extraire de l’Humanité et me réfugiai dans mon antre secret, c'est-à-dire l’écriture, et donc devant le clavier de mon ordinateur. Et, pour la première fois de ma vie, ayant été jadis élève obéissant quoique passablement médiocre, je décidai d’écrire n’importe quoi. Une première !

Et ainsi, Adam solitaire dans une nature vierge, j’errai en écriture. La liberté d’avant Eve.

Je couvris cinquante cinq pages 21x29,07.

 Que je relus. Amusant, curieux, surprenant, déconcertant, finalement intéressant. Pour moi seul.

Alors que faire de ce truc ? Le balancer aux oubliettes ? Lui faire rejoindre le néant ? Tentant ! Mais je m’aperçus que je m’y étais attaché et n’avais guère envie de le tuer. Alors je me lançai un nouveau défi : trouver le moyen de faire comme si ce fatras scripturaire avait été écrit dans la seule intention d’introduire une révélation de première importance.

Dans la minute qui suivit je retrouvai un fait politique capital qui n’avait passionné et révulsé personne d’autre que moi-même : ma certitude, preuve à l’appui, de l’assassinat de HB le preneur d’otages d’enfants de la maternelle de Neuilly, par Pasqua, alors ministre de l’Intérieur. Ce truand ayant profité du sommeil du procureur Lyon-Caen, pour faire exécuter illégalement Erik Schmitt.

Mais je poursuivis mon sadisme jusqu’à laisser au lecteur éventuel le soin de conclure. S’il voulait la fin de l’histoire, qu’il se prenne en main, qu’il soit lui-aussi un peu responsable et parte en campagne soulever les foules pour dénoncer la forfaiture.

Sortant de la bienheureuse solitude mon paradis terrestre, je dénichai Eve et lui proposai la lecture du texte.

Prudente, percevant l’immense et redoutable susceptibilité d’Adam, comme le révéla par la suite l’Histoire de l’Humanité, Eve se garda bien de critiquer directement l’écrit mais simplement d’énumérer ce qui l’avait surprise et mise mal à l’aise. Suivit une longue liste de remarques toutes justifiées portant sur la forme ou le fond, et qui eut pour effet de lui faire négliger certains passages, mais surtout de faire passer pour fait sans importance ce qui était pour moi, Adam, véritable scandale, l’assassinat d’Erik Schmitt par Pasqua.

J’en conclus que la meilleure façon d’exclure de votre vie, c'est-à-dire de votre pensée, l’Autre, votre prochain, votre ennemi, est d’écrire un texte ne respectant aucune règle de forme ou de fond, ce qui le lui rendra insupportable.

Car le pire texte haineux ne peut être lu et entendu par l’ami ou l’ennemi que s’il respecte les canons en vigueur de l’écrit, autrement dit s’il signifie que son auteur respecte et fait donc partie de la société qu’il dénonce. Ce conformisme doit être perçu alors, selon moi, comme le signe d’un profond désespoir, un appel au secours, une demande d’être ramené de toute urgence sur la berge de l’Humanité.

Ne laissons pas Marine Le Pen et ses apparents partisans boire la tasse !