Daech, un noeud de pervers

28/07/2016 17:01

 

 

Peu après que la France ait appris le meurtre du prêtre Jacques Hamel, le daech publiait une vidéo présentant les deux assassins déguisés en terroristes et prêtant allégeance à un dirigeant, Abou Bakr Al-Baghadi.

Que le meurtre soit perpétré par le daech, ça ne fait aucun doute : il ne s’agit pas d’un quelconque assassinat pour raison passionnelle, c'est-à-dire religieuse, mais de l’acte d’une bande de déboussolés qui, faute de mieux, s’est laissée séduire par un homme qui met son intelligence au service de sa perversité.

J’ai donc tenté d’en savoir plus sur ce piètre personnage.

Cet homme est incontestablement doté d’une grande intelligence qui lui permet, et de profiter du désordre en Irak, de la mort de ses patrons extrémistes, d’être au bon endroit où le pouvoir est à prendre, et de trouver une filière, le secteur religieux, lui permettant d’assoir son autorité et d’imposer, diplôme à l’appui, ses interprétations toutes personnelles du Coran. Il songe d’abord devenir avocat mais échoue aux examens de la fac de droit de Bagdad. Il entre alors à la fac de théologie où il obtient une maîtrise en « lectures du Coran ». Il est arrêté par hasard par les américains en 2004 et interné au camp de filtration Bucca. Il a vite fait de transformer le camp en véritable académie du djihadisme de telle sorte que tout sortant devienne une « flamme brûlante ». Il est libéré en 2006 et, selon sa seconde femme qui l’a fui, enceinte d’une fille, au bout de trois mois de mariage en 2008, il revient à Bagdad pour obtenir en 2007 un doctorat en « études du Coran ». Il est nommé à l’Université professeur en religion et charia.

En 2010, le leader de l’Etat islamique, Abou Ayyoub al-Masri est tué, al-Baghadi prend le commandement de ce qui, après la guerre éclair de 2014, deviendra le daech.

C’est ainsi qu’un grand malade qui soufre de ce qu’en psychiatrie on appelle une perversion narcissique devient le chef d’un ramassis de ratés.

Etymologiquement « perversion » signifie « mettre sens dessus-dessous » ou «  action de détourner quelque chose de sa vraie nature ».

En psychiatrie, la réponse avec le Dr Muriel Salmona, psychiatre-psychotraumatologue, trouvée dans « allodocteurs.fr, sur FR5, du 05/11/2014, me paraît très pertinente :

"Il ne s'agit pas d'une maladie mentale. C'est une structure, une organisation de personnalité. Elle touche principalement des personnes qui ont des troubles psychotraumatiques de départ. C'est-à-dire qu'elles ont vécu des violences ou elles ont été témoins de violences extrêmes dans le cadre de leur univers familial. Mais ensuite elles choisissent de se traiter en attaquant des victimes et en instrumentalisant autrui. Ils sont conscients et leurs actions sont intentionnelles. Tout est construit avec une préméditation tellement incroyable que les victimes ont du mal à y croire.

Une dramatique illustration des exploits de ce sinistre personnage est décrite dans le Paris-Match du 15/08/2015 dans un article de Kahina Sakkai. Après avoir kidnappé à Alep, en août 2013, Kayla Mueller, une jeune femme américaine travaillant pour « Médecins sans frontière », Baghadi en a fait une de ses esclaves sexuelles. Une jeune fille yézidie âgée de 14 ans, une de ses compagnes de captivité qui a pu s’échapper, a raconte les horreurs qu’a fait subir ce malade aux femmes. Il défendait pieusement une théologie du viol issue d’une interprétation toute personnelle du Coran. Ça l’arrangeait bien et ça facilitait le recrutement des « fidèles ». Son évangile (bonne nouvelle) personnel donnait le droit de violer une non-croyante car en ce faisant, il se rapprochait de Dieu.

Par contre, (il faut bien vivre !) pour mériter une telle indulgence, les fidèles devaient s’acquitter d’une redevance :

-          Pour une femme de 40 à 50 ans….35 euros

-          Pour une femme de 10 à 20 ans...104 euros

-          Pour un   être      de    1 à   9 ans...138 euros

Alors, quand la moitié de la France profite de la folie des telles personnes pour défendre une foi chrétienne qu’ils sentent menacée par l’Islam en assimilant cette religion-sœur avec la pathologie d’un daech, je crie que c’est ou stupidité crasse, ou malhonnêteté nauséabonde de leur part.

Je renvoie à l’article 18 de la déclaration universelle des droits de l’homme que tout chrétien ou simplement tout être humain ne peut que cautionner, comme l’ensemble de cet admirable  texte. L’intime conviction de chacun se doit d’être respectée, à condition qu’elle ne nuise pas aux autres, comme c’est dans le cas de daech. Or Baghadi est convaincu, je n’en doute pas une seconde, et c’est la raison pour laquelle il doit être vaincu. Daech n’est en rien une religion, surtout pas islamique, ce n’est que la patte enfarinée du loup de la fable tentant de semer la mort dans la bergerie. Vous, les FN et autres qui prétendez défendre la civilisation judéo-chrétienne, laissez aux citoyens la liberté de juger en connaissance de cause au lieu de les intoxiquer.

Au lieu de s’allier au deach en prêchant la division, que tous les beaux parleurs fassent pour une fois preuve de dignité, et d’honnêteté, ou en se taisant, ou en donnant un coup de main, et non de pied, aux responsables en place.