De l'essence divine des personnages politiques

21/09/2015 13:30

A présent que les techniques actuelles permettent théoriquement l’expression du minuscule citoyen qu’est normalement chaque humain, le grain du gros tas de sable qu’est la France et dont je fais partie a cette inestimable possibilité d’émettre son grain de sel.

Or m’apparait que, depuis la nuit des temps, tous les grains des tas de tas de sable qu’a connus l’Humanité, ont servi de socle a des statues de « chefs » érigées pour l’Eternité, celle d’éventuels collectionneurs.

Si de ces chefaillons la mémoire collective a conservé quelques traces, c’est souvent au nombre de cadavres qu’ils ont semés derrière eux qu’ils le doivent. Rien de bien glorieux pour ces gens qui de leur vivant se prenaient pour des dieux.

M’est avis que la plupart des hommes politiques sont mus par le désir de laisser des traces indélébiles qui marqueront la postérité. Ils se fabriquent un personnage qui va s’imposer aux autres et les surpasser, utilisant ceux qu’ils sont censés servir comme piédestal. Ils veulent marquer l’Histoire. On doit se souvenir d’eux. Les autres ne sont que faire valoir.

Or ceux qui laissent des traces impérissables ne l’ont pas cherché mais ont répondu à une nécessité vitale d’action. Je pense à Churchill, à De Gaulle. Ils furent des hommes de situation. Et Jésus aussi. Je m’explique :

Ces dernières années, la France a été bouleversée par des questions inattendues suscitées par ce qu’on a appelé « le mariage pour tous ». Pour certains, il fallait faire sonner le tocsin, la Civilisation Chrétienne était en danger. Les valeurs de cette France, fille aînée de l’Eglise, étaient gravement menacées. Le Pays perdait d’autant plus ses valeurs que des hordes de barbares déferlaient sur le territoire et importaient leurs pratiques nauséabondes.

La terreur !

Cette panique ne put laisser personne indifférent.

En fait, très curieusement, le nœud initial qui faisait problème, me parut être l’homosexualité. Officialisé, ce mode de vie mettait en péril le modèle dit chrétien de la famille. Les « intégristes » en appelèrent à Jésus. Or s’il y avait quelqu’un qui, selon le Dogme, était incomparable, non modélisable,  c’était bien Jésus. Etre d’une part fils d’une vierge que  ni la conception, ni l’enfantement n’a déflorée, être d’autre part fils d’un dieu, seul, et pourtant composée de trois personnes, dont lui, il faut bien reconnaître que ce n’est pas banal. Un tel mystère me parut mériter interrogation.

C’est alors que le cas de Jésus me parut passionnant.

Jésus me parut être l’exemple-type de l’homme politique désintéressé, qui est poussé d’agir par nécessité interne, tant la situation de son Pays, l’Israël d’il y a 2.000ans, était catastrophique. Il s’agissait d’une dictature théocratique, intolérante par définition, et qui pousse chaque juif à dénoncer tout contrevenant.

Jésus proposa un autre mode de vie régit par une devise qui est d’aimer son prochain.

Scandale ! Cette vision d’une autre société serait la rupture du « Peuple élu » d’avec son Dieu, Yahveh. Autrement dit sa fin. La sanction du dangereux terroriste sera celle que les historiens reconnaissent : la crucifixion.

Or cet homme politique, Jésus, parvint à convaincre un groupe assez conséquent de ses contemporains à créer une société démocratique, à l’instar du peuple grec. Il  enthousiasma tant ses disciples par son charisme, sa générosité, qu’un certain nombre en fit un dieu. Il faut dire que le contexte dans lequel l’imaginaire, (ce qu’on appellerait aujourd’hui « superstition »), s’y prêtait. Il tenait une grande place dans la vie sociale, et transformer un être exceptionnel en dieu, était tout à fait plausible. Les fidèles y crurent tant que leur croyance devint religion. Or, selon moi, c’est le contraire même de ce que voulait Jésus. C’est la réalité du moment, concrète, qu’il souhaitait changer, non un hypothétique ailleurs.

Or son message est plus  que jamais d’actualité.

Les politiques qui jouent les dieux et trouvent des fidèles ont 2.000ans de retard.

 

Si cette question vous intéresse, je l’ai traitée dans un roman qui vient de paraître en anglais, texte illustré, (traduction de Clarissa Charron) sous le titre « A democrat named Jésus », chez Lulu.com. ou en français, texte seul, sans dessins) «  Un démocrate nommé Jésus ».