Doubs pays de France

08/02/2015 23:36

 

La législative partielle pour remplacer  Pierre Moscovici, qui, ministre européen au sein de la commission Juncker, avait renoncé à être député, est devenue emblématique, vécue comme un enjeu de portée nationale.

Le premier tour déjà nous avait apporté son lot de surprises.

La première surprise a été cette première place confortablement obtenue par le FN. Ce parti, resté durant de longues années marginal et peu recommandable, s’est progressivement fait une place dans le monde politique, pour parvenir en seconde position lors de la présidentielle de 2002, derrière Jacques Chirac. Mais s’est trouvé écrasé au second tour, avec  un taux de 17,79 %  face aux 82,21 % de Chirac. La gauche dans sa totalité, n’avait pas hésité une seconde pour accorder sa confiance à l’UMP qui, quoiqu’adversaire, était républicain.

Or cette première place du 1er février a confirmé que désormais le FN séduit une partie non négligeable des français.

La seconde surprise arriva par la seconde place du PS.

Dès la victoire de la gauche à la présidentielle, les rivalités latentes au sein de cette Gauche s’exprimèrent en ordre dispersé mais trouvèrent en la personne de François Hollande un adversaire commun, à tel point que les divers scrutins qui suivirent furent défavorables à cette gauche. Or la campagne intelligente menée par le candidat du PS permit à ce parti de fédérer les sympathisants de Gauche, prouvant qu’il fallait toujours compter avec lui.

La troisième surprise, l’élimination de l’UMP, n’en fut pas vraiment une étant donnée la chienlit au sein de ce parti.

Restait donc à savoir à qui les électeurs allaient majoritairement accorder leur confiance. Tout laissait à penser un score très serré. Quel serait le comportement des petits partis de droite qui, de toute façon,  semblaient ne pas peser lourd ? Quant aux réserves de voix de la gauche, elles paraissaient réduites. Tout semblait désigner l’UMP comme arbitre.

Si l’UMP se revendiquait clairement comme étant un parti républicain, et renvoyait au PS l’ascenseur de 2002, pas de problème, le PS l’emporterait largement.

Or l’UMP a étalé au grand jour la faillite de son identité. Elle a éclaté en deux morceaux :

1 - Les républicains, qui refusent nettement de laisser une chance au FN, estimant ce parti ennemi de la République, et qui demande à ses sympathisants de voter PS.

2 - Les autres, les « Ni ni » qui refusent de prendre parti pour la République, puisqu’ils laissent supposer que, ou comme le PS, le FN est républicain, ou bien comme le FN, le PS est un parti fasciste, non républicain. Pour eux, pas de différence.

Et puis, ceux qui vont suivre la consigne de l’ex-patron Sarkozy, « peu importe, chou vert ou vert chou, votez ce que vous voulez …On s’en fout ! Votez blanc si ça vous chante, abstenez-vous, si ça vous est plus confortable, ou l’un, ou l’autre, c’est kif kif ! pardon, c’est du pareil au même… »

Pour ma part, je trouve ce scrutin très intéressant. Il confirme la cassure idéologique au sein de l’UMP. Ceux qui refusent de fricoter avec le FN, qui estiment les options et actions de ce parti contraire à l’esprit de la République et dangereux pour la France. Et ceux qui cautionnent ce parti, le FN, sont prêts à faire alliance.

Ce scrutin est également intéressant parce qu’il démontre aujourd’hui, qu’en cas de nécessité, une majorité d’électeurs, certes faible, mais majorité quand même, parvient à se mobiliser pour défendre les valeurs de la république, quelles que soient la différence de nuances exprimée  par la préférence pour tel parti plus que tel autre.

Mais surtout il demande aux citoyens attachés aux valeurs de la République de rester vigilants. Beaucoup de personnes en souffrances, ou en désespérance, ou en rejet d’un monde politique qui bien souvent les méprise, ou les méconnait, ou profite de son statut  pour détourner l’argent public (cf l’UMP au Sénat), beaucoup de ces personnes  se laissent séduire par des paroles mensongères, porteuses de haine et de rejet des autres. Et c’est grave. Car ces personnes ne réalisent pas qu’elles favorisent un état de chaos qu’elles ne souhaitent sans doute pas.

Lorsqu’un des membres du cercle de la direction du Front National lance à une journaliste qui enquête sur ses éventuelles escroqueries : « Toi, je vais te tuer, je vais te suivre, je t’attendrai en bas de chez toi ! », elle s’assimile à ces fanatiques qui ne connaissent que la kalachnikov comme langage. C’est très grave.

Il faut que les sympathisants du FN soient informés du danger que représentent ceux en qui ils mettent leur espoir.

Merci aux électrices, aux électeurs du Doubs qui ont voté pour Monsieur Frédéric Barbier. Ça   fait chaud au cœur de beaucoup. C’était très important.