En marche...au pas de l'oie ? ...du peuple ? ...

12/06/2017 16:32

En marche…au pas de l’oie ?... du peuple ? …

En écoutant les commentaires à la télé en cette soirée du premier tour des législatives j’ai perçu une France coupée en trois : les heureux, les malheureux, les silencieux.

Les heureux se réjouissaient de leur écrasante victoire. Les malheureux pleuraient leur échec et la fin du bon vieux temps, les silencieux laissaient les beaux parleurs interpréter péremptoirement leur abstention, 51.2 %, du jamais vu en cinquième République !

Les heureux s’abandonnaient à leur joie, sans aucun souci pour le futur puisqu’ils avaient gagné, donc la vie était belle. Mais dans le camp des perdants, je notais deux catégories : ceux qui avaient bien intégré une défaite annoncée depuis belle lurette, les partis de Gauche, et qui envisageaient déjà de se reconstruire autour de leurs idées toujours bien vivantes, et les deux grands déçus : Le FN qui avaient vu dès la débâcle du débat Le Pen/ Macron s’effondrer leurs espoirs et mesuré l’inconsistance d’une idéologie du rejet. Les Insoumis, qui, bercés d’illusion par le succès de leur meneur au niveau national, retournaient à la réalité d’une politique de proximité pour laisser leur leader solitaire prendre d’assaut la guérite vide de conviction d’un soldat perdu.

Ainsi hier soir barbotaient bruyamment comme dans une piscine fermée journalistes, chroniqueurs, politiques et petites mains. Mais dans tout ce brouhaha s’imposait une petite musique qui tentait de transformer la joie des vainqueurs en mélodie inquiétante : ce parti unique à majorité absolue disposera d’une armée de godillots qui votera aveuglément les décisions du monarque. Nous avançons pour mieux reculer, vers une monarchie new look, ou une de ces dictatures à la mode.

Si bien que m’est venu à l’esprit une comptine qui a pour titre « Un pas en avant, deux pas en arrière. » Or j’ai découvert que ce titre était aussi celui d’un long article de Lénine, « Réponse de N. Lénine à Rosa Luxemburg » écrit en 1904.

Lénine se défendait de la critique d’hyper concentration du pouvoir que lui avait adressée l’égérie socialiste, Rosa Luxemburg.

La question se pose en effet :

+ ou cette immense majorité dont disposera Macron et lui donne en quelque sorte les pleins pouvoirs est utilisée pour fonctionner à l’ancienne, c'est-à-dire en écrasant toute opposition, tant de droite que de gauche, pour satisfaire la mégalomanie présidentielle ( à la Néron ?). C’est la solution de facilité.

+ ou Emmanuel Macron met son autorité au service de la France et fait de la chambre des députés, en relation avec sa base, un laboratoire d’idées et d’actions qui, utilisant les connaissances en la dynamique des groupes, met en mouvement les forces vives de la nation, dans l’intérêt de tous. C’est la solution la plus délicate, mais la plus généreuse et exaltante.

Attendons encore pour savoir si le peuple français a fait le bon choix ou s’est lourdement trompé.