Enfin des raisons d'espérer !

06/12/2016 14:44

 

 

Dans mon précédent billet, j’ai épluché le « Monde » de ce lundi pour tenter de dénoncer le rôle pernicieux qu’a joué la presse, dont ce quotidien, dans le dénigrement systématique de François Hollande et de son action. Or je suis heureux de trouver dans cette même presse des raisons d’espérer.

Tout d’abord l’historien Jacques Le Brun estime que renoncer au pouvoir et un acte fondateur empreint de dignité et grandeur. Son article se termine ainsi : « Loin d‘être anecdotiques, les actes de renoncement qui se sont multipliés en notre temps ne révèlent pas des difficultés nouvelles pour exercer le pouvoir, mais constituent le miroir grossissant de la nature cachée du pouvoir. »

Par ailleurs, Féthi Benslama qui a « signé la pétition de protestation contre le dénigrement subi par Hollande qui a atteint des niveaux de malveillance et de calomnie » signe un article qu’elle intitule « Hollande a montré une vérité insupportable à ses contemporains » La psychanalyste nous dit que « l’homme a montré la difficulté de la mission impossible d’un président dans une période critique à tous points de vueIl a laissé voir le corps mortel du roi en prise avec son corps politique. » Elle estime que « Le corps politique du souverain grandiose fabriqué en 1958, non seulement plus personne ne peut l’habiter, mais ce corps est une fiction obsolète qui entrave l’avance d’un beau pays aux ressources prodigieuses…Hollande a montré une vérité insupportable à ses contemporains, soit parce qu’ils veulent un chef fascinant, soit parce qu’ils veulent endosser le corps politique gaullien surdimensionné et qu’ils porteront comme des généraux d’opérette. »

C’est, me semble-t-il, ce que dit à sa manière Jérôme Batout dans « La fin du monarque républicain » qui estime que « François Hollande a joué son va-tout et concrétisé son ambition singulière de la présidence normale »

De son côté, si Alain Touraine constate que « François Hollande laisse la France et le PS dans un état de délabrement inouï » c’est pour démontrer que ce délabrement n’est pas propre à la France. « Toutes les catégories de la société industrielle sont frappées d’obsolescence. Partout et de tous côtés, le système politique craque.    ’Il est regrettable que l’on n’ait pas pu instaurer une véritable sociale démocratie, en associant l’économique et le social, comme l’avait théorisée Michel Rocard. » Mais tout n’est pas perdu : « la gauche et le pays doivent renaître ».

Alain Touraine indique trois conditions de cette renaissance.

1 « La gauche doit vouloir en premier lieu une France ouverte, cela veut dire qui trouve de la place pour les exclus. » d’où « créer des emplois »

2 « se tourner vers la jeunesse et proposer aux jeunes Français en tant que partenaires actifs, un renouvellement accéléré des modes de communication et de relation, surtout entre enseignés et enseignants

3 « atteindre en trois ans une égalité réelle entre les hommes et les femmes.

La gauche doit se consacrer à organiser le renouvellement et l’ouverture et non à s’envoyer des insultes…Elle doit instaurer la DIGNITE dans tous les aspects de la vie de tous.

NOUS SORTONS D’UN MONDE ECONOMIQUE  POUR UN MONDE ETHIQUE.

Thomas Piketty, dans son article « Cette décision rouvre le jeu de la gauche » propose de changer radicalement le modèle économique.

Mais en premier lieu, il constate que le renoncement de briquer un nouveau mandat « c’est la meilleure décision que François Hollande a prise ».

Quant à l’économie, Piketty demande que soit abandonnée la politique économique européenne d’austérité totalement dépassée, inadaptée et mortifère. Que soit appliquée l’annulation totale de la dette extérieure des pays européens comme cela a été fait pour l’Allemagne  en 1953 puis en 1991.  « Cette absence de perspective historique et politique sur la situation actuelle de l’Europe fait encore défaut à François HollandeFrançois Hollande et Manuel Valls ont eu tort de reléguer  toute critique venue de leur côté gauche vers le populisme, voire l’extrémisme. Ce refus de prendre au sérieux la critique de gauche de Syriza et de Podemos, ou même de Mélenchon en France, a été une erreur… A force de ne pas vouloir prendre au sérieux les demandes de la gauche de la gauche de fin de l’austérité, on se retrouve avec la droite de la droite, ce qui est beaucoup plus dangereux. Le refus de Manuel Valls de débattre avec elle est une erreur tragique. Mais un espace des possibles s’ouvre aujourd’hui.

Ces opinions me paraissent grandement porteuses d’espérance.