Enfin du bleu horizon !

12/11/2014 13:31

 

 

Comment ne pas estimer exceptionnelle cette journée d’hier, 11 novembre 2014.

Si un jour devait rappeler à l’Humanité l l’immense stupidité des guerres, l’inexplicable soif des peuples pour la souffrance et le malheur, c’est bien ce jour-là.

L’entrée en guerre avait été saluée par beaucoup comme un joyeux départ en vacances, comme la rupture avec une vie terne pour la plupart, une aventure toute pleine de surprises. Or les surprises dépassèrent l’imagination.

Aurait-il raison, Hollande, lorsqu’à cette occasion il proclame : « la mémoire n‘est pas faite pour le passé ! », puisque quelques vingt et un ans  plus tard, les peuples entonnaient la même chanson ?  

Une seule journée de 1939 vint confirmer un doute fondateur sur lequel allait s’asseoir ma vie : la certitude du peu de foi à accorder aux adultes.

Je ne compris pas le spectacle insensé dont j’étais le témoin.

J’ai vu, remontant le Boulevard Emile Zola, à Laxou,  un défilé de chenillettes sur lesquelles de jeunes hommes, sous les vivats  d’un public clairsemé, entonnaient des airs de fête.

Comment pouvait-on être heureux de partir à la guerre ?

Pourquoi se réjouir de tuer et d’être tué ?

Mes dix années avaient été nourries par des récits d’atrocités commises par les boches. Ce n’était pas mon père, taiseux, qui me les racontait, lui qui avait chargé, lance au poing, les hulans. Il avait été « dragon », animal mythique, et ça me suffisait.

Non, ce fut mon oncle qui ne cessa d’entretenir le souvenir du carnage. Fauché lors des toutes premières batailles, celle de Morhange, il y perdit un bras et un œil, et passa ensuite plusieurs années comme curé d’un « village-martyr », Badonviller, en Lorraine, à monter des spectacles de tranchées explosées, d’exécutions sommaires, où l’homme en s’écroulant hurlait « Vive la France ». J’ai été nourri de ces atrocités, alors comment ne pas se poser de questions sur la sagesse des adultes ?

« La mémoire n’est pas faite pour le passé » ?

 Il a raison, Hollande, elle est faite du passé.

Quand celle-ci fait défaut, elle tue le présent, et supprime l’avenir. Les proches de personnes qui souffrent  d’« Alzheimer » le savent bien.

Allons-nous vers des sociétés « Alzheimer » ?

Oui, je crois, si nous n’y prenons garde.

Si les citoyens se replient sur eux-mêmes, comme le prône l’extrême Droite, ou si la presse de tout bord encourage le nihilisme, ou, à l’instar de ce monsieur David van Hemelrick, tentant d’affronter Goliath, entonne à tout vent sa haine de l’Autre.

Et pourtant, des signes paraissent annoncer une prise de conscience : cet accord estimé « historique » entre Chine et USA qui engage les deux pays, les plus pollueurs de la planète, à réduire de 26 à 28 % les émissions de gaz à effet de serre.

Et « Rosetta » sur le point d’aboutir nous rappelle que les actions d’envergure supposent beaucoup de réflexion, de patientes actions avec prises de risques et  souvent méconnues du grand public, pour enfin aboutir comme, espérons le ce soir sur une comète. Et pourtant là encore il ne s’agira que d’une étape.

Ce qui m’amène à signaler la courbe de popularité du Président de la République qui remonte à 29 %, et celle du Premier Ministre atteint 61 %.

Et si la première partie du mandat d’Hollande avait été de s’attaquer aux réformes nécessaires et si impopulaires que personne avant lui n’avait osé le faire, et que la seconde partie consistait à présent à commencer à construire et à récolter les bénéfices de cette action, pour transmettre  une France rénovée et enfin debout au successeur ?

Peut-être voyons-nous enfin l’horizon se dégager. Les médias accepteront-ils d’en considérer l’hypothèse ?