Espérance

15/05/2017 01:33

Espérance

 

Beaucoup de citoyens se désolaient d’une France morcelée en partis immuables qui, profitant des failles de la Constitution, simulaient  habilement un fonctionnement démocratique. S’entendant comme larrons en foire, ils avaient fait main basse sur le système politique du Pays, inventant l’alternance qui tel le balancier d’une pendule, enrichissait équitablement les pseudo-protagonistes.

Le système s’étant chronicisé, les élus d’un jour soignaient leur clientèle et  s’implantaient en bons commerciaux sur un coin de France. Beaucoup d’élus, goûtant les nombreux avantages de leur statut, se transformèrent ainsi en professionnels de la politique, au point d’ignorer le marasme de dix millions de concitoyens.

De fait, installés (pour beaucoup ?) sur leur circonscription aussi douillettement que souris dans une meule de fromage, ils consacraient leur imagination à paraître indispensables et figeaient la France toute entière dans un état léthargique désastreux, producteur de misère, dont le chômage, contrairement à ce qui se passait  chez les Etats voisins.

Ça paraissait sans issue.

L’élection présidentielle qui s’annonçait allait une fois de plus confirmer la perversion de notre système politique. Fillon, le modèle d’honnêteté, de sagesse et de pondération, fut donné comme le grand favori. La routine, quoi.

C’était sans compter sur la presse, le Canard enchaîné et ses révélations. Nous l’avions échappée belle. Qui donc a tenté de nier le rôle éminent des médias durant toute la campagne ?

Ainsi nous eûmes la plus palpitante campagne présidentielle depuis Clovis.

Et la plus belle des issues que les citoyens pouvaient rêver : Un Président sans casseroles, jeune, fougueux, décidé, intelligent, bel homme, intuitif, créatif, idéaliste et pragmatique…De quoi faire rêver. Nous avions envié les Américains d’avoir un Obama, Peut-être venons-nous d’élire son sosie. L’avenir nous le dira.

Bien sûr, la tâche qui attend notre nouveau Président est immense et semée d’embûches. Mais l’homme semble avoir les épaules et la tête solide.

Nous sommes nombreux à être emplis d’espérance.

 

Voici que je m’en vais en des pays nouveaux,

Je ferai la bataille et passerai des fleuves,

Je m’en vais m’essayer à de nouveaux travaux,

Je m’en vais commencer là-bas des tâches neuves.

Charles Péguy.    Jeanne d’Arc à Domrémy