FABULEUX !

07/07/2017 20:20

Fabuleux !

Qui a eu la chance d’avaler durant trois heures la sublissime Carmen diffusée hier soir sur ARTE ne peut, je crois , la surprise passée, qu’adhérer à ce qualificatif rare : Fabuleux !

Ayant assisté à plusieurs mises en scène de Carmen, je me régalais d’avance à m’immerger grâce à la pétillante  et universelle musique de l’Opéra le plus célèbre du monde, Carmen, dans la si agréable masse de multiples clichés hispaniques ou brossant l’amour –passion, lorsque mon Univers enfantin, pour ne ps dire infantile s’écroula et provoqua une rage dont j’eus du mal à progressivement sortir.

D’abord  « le décor monumental d’un hall d’hôtel à l’architecture stalinienne », comme le décrit comme j’aurais aimé à le faire la journaliste du Monde, Marie-Aude Roux.

Puis cet espace d’emblée hostile se mit à être fréquenté par des gens quelconque, c‘est à dire BCBG, qui commencèrent à échanger des phrases, sans doute en français, mais que ma surdité rendait étrangères, car, comble du malheur, non sous-titrées, comme l’étaient les échanges du livret. Colère. J’étais venu (devant ma télé) savourer Carmen, et je voyais des pékins ordinaires dégoiser des choses que je n’étais pas venu chercher.

Puis, tel José, je finis par me prendre au jeu des acteurs et entrai dans ce drôle de spectacle, pour en sortir sonné. Non seulement j’eu du mal à m’endormir mais les personnages me poursuivirent jusqu’au milieu de mes rêves.

Au réveil j’appelai au secours mon ordinateur. Et il me raconta, me laissant stupéfait.

J’avais passé une bonne trentaine de mes années professionnelles, à jouer des versions de Carmen !

 J’avais été  psychothérapeute et avais pratiqué quasi continûment le « Psychodrame » qui est une technique qui permet en principe à une personne en difficulté de comprendre le rôle des personnages de son théâtre intime qui l’empêche de vivre sereinement.

Et c’est ce que génial Dimitri Tcherniakov, avait eu l’audace de mettre en scène.

Et moi, qui, benêt, était venu chercher la magie d’une fable lumineuse mais abâtardie par la tradition, ai découvert comme jamais le message violent de Bizet : l’amour-passion est une maladie mortelle qui se termine souvent pas l’assassinat d’une femme.

Certes José retrouve la jouissance sexuelle qu’avait éteinte la relation conjugale, mais à quel prix !

Comme dans la plupart des opéras, c’est la femme qui meurt.
 

 

Quant à tous ceux qui ont contribué à façonner cette merveille, je vous renvoie à la critique élogieuse et, selon moi, qui ne suis qu’amateur, parfaitement méritée, de Marie-Aude Roux.

Je sors de ce spectacle émerveillé par ces deux femmes que sont Carmen, et Stéphanie d’Oustrac, son incarnation.

Une ode féministe prestigieuse.

Halte à la violence que nous, les hommes, infligeons aux femmes. Soignons-nous !