François Hollande, révélateur de l'envie politicienne

03/11/2016 12:57

 

François Hollande, comme révélateur de haine politicienne

Ce mois d’octobre 2016 me fait l’effet d’un tourbillon planétaire inédit illustrant spectaculairement la folie des hommes.

Folie que cette campagne présidentielle américaine qui voit un des pires exemplaires humains obtenir les suffrages d’une foule de clones pétris de vulgarité et de haine.

Folie que ces massacres méthodiques qui amusent leurs organisateurs à la vue de la panique des populations prises en otages et ne parvenant plus à pleurer leurs morts.

Folie que cette déferlante européenne de chemises brunes allergiques au bonheur simple d’une population qui ne cherche qu’à célébrer la vie.

Folie que l’arrogance de ces dictateurs russes ou ottomans qui remplissent les prisons d’opposants à leur envahissant orgueil, quand ils ne les exécutent pas, et qui donnent des idées aux apprentis dictateurs.

Folie que cette agitation brownienne qui s’empare d’un microcosme politique parisien de droite comme de gauche, usant de psittacisme en place de pensée, fasciné par la magie de leurs propres mots.

Désespéré, comme bien d’autres observateurs -citoyens je crois, je n’avais plus goût à écrire.

Il a fallu que je me trouve coincé  entre deux articles du « Monde » du lundi 31 octobre, pages 26 et 27, sous la rubrique « Débats et analyses, après les confidences de François Hollande », pour que je récupère mon clavier.

D’un côté, l’article  intitulé :  Un président « Et moi, et moi, et moi ! » écrit par Michel Schneider

Et « Assez avec le Hollande Bashing », de Sylvia Ullmo.

J’aurais trouvé honnête l’article de Michel Schneider si, à la place de « Président », l’auteur avait écrit son nom.

« Schneider,  « et moi, et moi, et moi ! »

Car quelle immense satisfaction que de se payer publiquement, dans « le journal de référence », la personne d’un président de la République.

Dans ce réquisitoire qui ne fait que reprendre ce qu’une grande partie de la gauche politicienne ressasse depuis quelques mois, l’auteur de l’article se réfugie derrière son statut professionnel de « psychanalyste » pour, non pas décortiquer les errances éventuelles d’un « président » mais pour s’attaquer à une personne.

Pour moi qui ai en haute estime et la psychanalyse et ses praticiens, j’estime  qu’il y a faute professionnelle : la psychanalyse est au service de la personne, non à son lynchage. Où est dans ce texte de psychanalyse sauvage l’écoute bienveillante due à tout patient ?

Je ne dénie pas à monsieur Schneider le droit d’exprimer une opinion totalement négative envers la personne de François Hollande au risque de friser la caricature, mais qu’il le fasse, et pourquoi pas avec ses connaissances de psychanalyste, mais en tant que citoyen, avec le vocabulaire d’un citoyen et non un jargon professionnel qui veut en mettre plein la vue aux lecteurs. Mais « le Monde », très sensible aux grades des auteurs qu’il estime garantie de sérieux, aurait-il retenu ce même article d’un Schneider quelconque ?

 

Quant à l’article  « Assez avec le Hollande bashing » de SYLVIA ULLMO, il est à mes yeux d’une toute autre qualité. Il l’est d’autant plus qu’il exprime tout à fait mon opinion, ce qui, il est vrai, atténuerait mon objectivité s’il n’était pas solidement charpenté et argumenté.

La lecture qu’a faite du livre des récentes confidences l’auteure de l’article est empreinte de l’attention due à une lecture complète et d’une grande bienveillance, sans apriori négatif, ni citation biaisée car sortie de son contexte.

Ce regard change tout. Le joli poème écrit par une personne aimée devient objet d’un caustique mépris si son auteur est haï.

Le bilan du quinquennat de François Hollande révélera bien des acquis, des actions courageuses et innovantes, si le regard porté sur l’homme n’est pas empreint de la haine que provoque l’envie, et la moquerie d’une silhouette de français ordinaire aux yeux de chien battu. 

 « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage »