Grexit ? Ce serait la honte de l'Europe

24/06/2015 14:13

Grexit ? Ce serait la honte de l’Europe.

Peut-être faut-il, pour trouver scandaleux que se pose la question du grexit, avoir eu la chance, comme certaines personnes de ma génération dont moi-même, d’avoir fait leurs humanités à une époque où la langue grecque ancienne  y tenait une large place. Car ces privilégiés ont pu apprécier, non seulement la beauté de cette langue, sa finesse sous sa complexité, sa subtilité, mais ils ont pu savourer ces incroyables histoires racontant les épopées humaines, les bagarres homériques entre divinités, qui nous ouvraient les portes mystérieuses de la symbolique, et nous apprenaient beaucoup sur nous-mêmes.

Les jeunes que nous étions ont pu aborder les grandes questions de l’Humanité en écoutant discourir leurs philosophes. Ils ont découvert l’extraordinaire capacité d’un peuple à se gouverner lui-même, leur permettant de défendre aujourd’hui l’héritage irremplaçable qu’est une République.

La civilisation occidentale est fondée sur la sagesse antique de ce peuple. Tous les pays d’Europe, et d’autres par la suite, doivent beaucoup de leurs valeurs  aux aïeux des grecs d’aujourd’hui. De barbares qu’ils étaient,  ils ont appris à tempérer leurs excès. Sans cet héritage hellène que seraient-ils devenus ?

Mais je dois reconnaître que mes « humanités » comportaient des carences. Non seulement je n’ai pas appris grand-chose en matières économiques, mais ce type de contingences faisait m’en détourner. Je sais pourtant bien que l’économie, qui en grec signifie « gestion de la maison », est un mal nécessaire, elle reste néanmoins pour moi de moindre importance, voire nuisible. Ainsi j’ai le sentiment que l’argent pervertit ce qu’il touche, le sport en est l’exemple (et je ne pense pas seulement aux 24.000 euros net par mois d’autant plus généreusement  alloué à Teddy Riner par l’escroc Balkany qu’il s’agit de l’argent des autres) mais aussi l’appropriation par quelques uns de la richesse mondiale.

Pour moi, la Grèce, celle d’hier bien sûr mais aussi celle de ses descendants,  est un pays  mythique car l’âme de notre culture. Avoir l’audace de chipoter pour quatre sous son existence au sein de l’Europe, c’est un énorme scandale. C’est oublier l’immense dette que l’Europe lui doit, la culture, une Humanité nouvelle. Or cette dette-là n’est pas pécuniaire

En chassant la Grèce, l’Europe dira sa préférence pour le fric, et finalement je crois, pour son retour en barbarie. Elle aura perdu son âme.