Guerre sainte ?

06/10/2014 17:24

 

Paru à la Une de Médiapart d’hier, le 5 octobre 2014, l’article « Comprendre le djihadisme pour le combattre autrement », de Claire Talon, m’a intéressé pour deux raisons. La première est qu’il m’a permis de visionner la vidéo d’une propagande hallucinante  « Flames of War », réalisée par Mourad Farès, un djihadiste français récemment arrêté en Turquie, film qui, paraît-il circule beaucoup  sur les réseaux sociaux.  La deuxième raison est qu’il invite à comprendre ce qui se passe dans la tête d’un djihadiste, amplifié par l’effet « groupe » et encourager de tels  pseudo-documentaires.

En fait, ce film de propagande ne m’en paraît pas moins être un vrai film, monté très astucieusement, à l’image des films hollywoodiens  de fictions faits de bruits et de fureur, d’effets spéciaux d’autant plus efficaces qu’ils sont invraisemblables. C’est un film fait sur mesure pour des adolescents qui prennent très au sérieux leurs désirs infantiles de toute-puissance, et qui forts de ce sentiment, partent à l’assaut d’un monde imparfait.

Mais ce film permet aussi à des adultes taraudés par la précarité de leur vie, de réactiver la période durant laquelle, comme tout être humain, enfants, ils découvraient le monde et avaient le sentiment de le fabriquer. L’ambiance d’un contexte historique  aidant,  ils retrouvent alors, à travers de tels films, une occasion de refaire le monde et sont prêts à se lancer dans une aventure héroïque, autrement dit, dans une guerre sainte.

La deuxième raison qui m’a intéressé dans l’article, est que les motivations des djihadistes sont essentiellement de nature religieuse, et que les combattre avec notre apparente logique d’occidentaux n’est pas adapté aux enjeux. On tue des personnes, on ne tue pas des idées, surtout lorsque celles-ci sont érigées en Idéal. Les victimes sont alors promues « martyrs » et viennent renforcer la cause pour laquelle elles sont mortes.

Mais ce qui m’a intéressé aussi dans cet article, c’est l’absence d’invitation à nous interroger sur nos propres motivations à nous engager dans cette guerre. Les réponses inspirées de la logique, de la raison raisonnante, du droit international ne devraient pas manquer, mais ne servent-elles pas à couvrir des raisons plus obscures et viscérales de l’ordre d’une « foi » à opposer à une autre « foi », autrement dit une simple guerre de religions telle que FN, intégristes de la marche contre le mariage pour tous, semblent le souhaiter.

Quelle serait donc la réponse adéquate ?