HERMES, arbres généalogiques ?

08/12/2016 06:28

 

HERMES  au « Monde », arbres généalogiques ?

Tout est intéressant dans le Monde, y compris la publicité.

La publicité, c’est quoi ? Faire la promotion d’un produit. C’est reconnaître une attirance, une complicité, oui ? Et alors ? Bien malheureux qui n’aurait pas de tels penchants, à moins d’être un cadavre. Et puis, c’est clair. Ça aide le promoteur à bien vivre tout vantant l’image de marque d’un produit. Chacun y trouve son compte. Même ceux qui la refusent. Se vanter qu’on ne mange pas de ce pain-là est argument publicitaire. C’est utiliser le facteur « publicité » pour dire son indépendance. Subtil. Comme s’il n’y avait pas d’autres contraintes qui limitent votre action, vous oblige à censure, ne serait-ce que vos clients qu’il ne faut point trop malmener. M’enfin !

Bref, « le Monde » a recours à la publicité pour subsister tant la concurrence est dure, à commencer par l’illettrisme. Les images, la BD, ça parle même si on n’a pas eu la chance de faire ses humanités.

Et la pub du quotidien de ce mardi 6 décembre, jour béni pour le petit lorrain que je fus - Saint-Nicolas n’est-ce pas – a retenu mon attention. Elle chantait joliment, en une page poétique, les origines familiales d’HERMES. Or l’histoire de cette prestigieuse maison synonyme de luxe semble palpitante si on se laisse porter par l’évocation du tableau naïf à la Mark Baring, ou un peu à la Bosch, de la toute dernière page.

Il s’agit d’un lieu exotique dont la symétrie donne l’allure d’un arc de triomphe à la gloire d’HERMES composé de deux arbres d’essence différente, plantés bien droits, pour ne pas dire rigides, dont le feuillage se rejoint pour porter le nom de la marque prestigieuse. Ce portique poétique qui évoque une entrée souterraine du métropolitain parisien laisse à penser à un mariage, celui d’une femme, à gauche, représentée par un arbre hautain. Son  feuillage aérien mais au tronc dressé stérile, soutint la liane qui  l’enlace et porte la vie. Celle d’une belle oiselle au charme multicolore qui appelle son amant, sans doute un peu volage, qui, à tire d’aile se précipite vers elle. En bas, le mari éconduit mijote une vengeance en affutant un bec dangereusement aigu.

En face, l’arbre que je perçois mâle, dit par son maintien étriqué et la solitude de son petit oiseau, le rêve d’un premier amour qui s’est envolé en y laissant des plumes. Il a bien du mal à se remettre de la blessure douloureusement vécue lors de son enfance et dont la cicatrice tenace entretiendra un souvenir impérissable, castration ? Viol ? Maltraitance ? Humiliation impensable ?

Ces deux arbres (généalogiques ?) se rejoignent pour proclamer le nom d’HERMES.

Et là, c’est toute une histoire, et même des histoires à dormir debout, et qui valent leur besant d’or !

Hermès (Ἑρμῆς / Hermễs en grec, nous dit Wikipédia, est une des divinités de l'Olympe. Il est le messager des dieux, donneur de la chance, inventeur des poids et des mesures, gardien des routes et carrefours, des voyageurs et du commerce. Il conduit les âmes aux Enfers, et guide les héros et les voleurs.

Tout un programme !

Le site officiel d’Hermès étale très richement le sien sans que j’aie pu connaître vraiment son origine. Qui l’a baptisé ainsi ? Comment l’entreprise est-elle née. De quel mystère ou conflit ou mariage d’affaire, d’amour, de compromission ? Comment le fils des dieux, Zeus et de Maïa et petit fils d’Atlas, voleur, séducteur, psychopompe, a-t-il survécu à une telle jeunesse pour se retrouver dans une ambiance de luxe, voire de luxure ? Est-il « rangé des voitures » à présent comme le laisse entendre la calèche de champs de courses qui l’introduit dans tous les foyers, titillant les plus pauvres ?

Quand tous les citoyens du monde auront-ils un jour suffisamment d’argent pour, s’ils le souhaitent,  offrir à l’être aimé une babiole « Hermès », qui ne soit pas contrefaçon, et que ne peuvent acheter qu’une infime partie des résidents provisoires de la planète Terre ?

Sans doute pas même les salariés de l’agence de publicité qui a conçu cette page et qui crie désespérément « Et Nous, et nous, et nous !… »