Hollande / Morano, même bateau ?

16/01/2016 12:32

 

Hollande/Morano, même bateau ?

Madame Morano, a , si je me reporte à sa fiche d’Internet, porté « Pucelle » comme nom de jeune fille. Elle a dû de ce fait subir de nombreuses moqueries et a sans doute compris très vite que la meilleure défense est l’attaque. Elle en a fait son mode de vie : elle attaque tout azimut, se rangeant en politique derrière le modèle du genre, Sarkozy & Cie.

Ainsi cette dame a, si ma réflexion est valable, sans doute beaucoup d’excuses. Si elle habitait, jeune, dans ces barres du « Haut du lièvre à Nancy, on peut la comprendre. N’empêche que dégainer instinctivement sur tout ce qui bouge altère son jugement. Ainsi confier sur LCP : « ces gens-là mériteraient de passer au poteau d’exécution.", en parlant des terroristes, c’est parler comme tout revanchard, comme Pasqua, ce ministre de l’Intérieur qui, voulant terroriser les terroristes, s’identifiait à eux en prenant les mêmes armes.

« Ces gens-là mériteraient de passer au poteau d’exécution ». Que ce jugement est terrible qui va à l’encontre de tout sentiment humain, proclamé dans la chartre des droits de l’homme et dans le cœur de tout être normalement constitué, ce qui exclut les malades mentaux, Daesh, EI & cie.

Personne ne mérite de passer au poteau d’exécution, pas même ces malades de la peste mentale qui sèment leur pathologie dans le cœur d’adolescents.

Les adolescents sont ces personnes « qui n’ont pas fini de grandir » et qui découvrent, étonnés,  le monde des adultes, et que leur générosité pousse à vouloir innocemment  transformer. Leur désir d’absolu en fait des saints ou des terroristes.

Des saints. Je pense à Saint-Exupéry qui à travers le Petit Prince portait sur le comportement des adultes un regard stupéfait. Cet homme d’exception a été fidèle à son idéal en risquant sa vie pour porter de part et d’autres des continents les messages qui unissaient  hommes et sociétés, ou pour ensuite combattre le nazisme à en  mourir. Il est de ces idéalistes qui sont morts pour défendre une cause qu’ils estimaient noble. Mais pas Kamikazes pour autant. Cet homme aimait, ô combien, la vie.

Des terroristes. Que ce mot terrifiant couvre tellement facilement nos propres lâchetés. Le terme ainsi qu’il est forgé et utilisé par les politiques et leurs relais, la presse, instille effroi et angoisse. Pour Poutine, un Ukrainien est un terroriste qui défend un morceau de son territoire national que le tyran veut voler. Pour les dirigeants chinois, un terroriste est ce journaliste défenseur des droits de l’homme que la police doit bâillonner. Pour la Gestapo, Jean Moulin était un terroriste qu’il était bon de torturer à mort.

Et pour nous, citoyens français de 2016, qu’est-ce qu’un terroriste ?

C’est un jeune, plutôt de milieu pauvre, plutôt sans perspective d’avenir, sans idéal offert qui mériterait d’y consacrer sa vie, sans métier, condamné à mort des sa naissance par une société égoïste qui a oublié ses vertus républicaines : Liberté ? Nos prisons sont saturées par une immense majorité de pauvres. Egalité ? Un patron comme Gattaz touche en un jour ce que dix salariés gagneront en un mois. (je n’ai pas pris la peine de vérifier). Fraternité ? « Un terroriste, ça mériterait le poteau d’exécution ! »

Madame Morano, selon votre fiche sur Internet, vous avez trois enfants. Je ne sais comment vous les avez élevés, quel chemin ils ont décidé de prendre, mais tout parent, et je le sais moi-même, sait combien est difficile pour nos jeunes le passage entre l’état d’enfant à celui d’adulte, ou tout semble possible, le pire et le meilleur. Nous sommes partagés entre le dressage que nous réservons aux animaux, et élevage qu’il s’agirait de pratiquer avec les enfants. Les élever du niveau de l’enfant, à celui de responsable ? Et ça n’est pas facile.

Alors, Madame Morano, si par malheur un de vos enfants, ou les trois, prenaient un chemin autre que le vôtre, qui vous les ferait qualifier de « terroristes », souhaiteriez-vous pour eux, malheureusement faute de poteau d’exécution, la prison à vie ?

Personne, pas même un de ces fous de leur prétendu dieu, parce que irresponsables par définition, ne mérite un tel sort.

Simplement parce qu’ils (elles) font partie de la famille humaine.