HONTE AUX GENS DE GAUCHE

01/06/2014 02:42

 

    

Quand j’écris « honte aux gens de Gauche ! », moi qui suis de gauche, je me sens concerné. Et je dois donc préciser : « honte à nous ! » gens de gauche.

Nous sommes, nous, gens de Gauche, lamentables, pitoyables, minables. Je pourrais rallonger la liste des qualificatifs décrivant la veulerie dans laquelle, nous, gens de Gauche, nous nous vautrons avec jouissance depuis deux ans, ça n’apporterait pas grand-chose de plus à la réalité, car nous sommes tout simplement abjects. Et le pire, nous en tirons fierté.

Nous avons élus, pour la majorité d’entre nous, un homme, François Hollande. Oui ou non ?

                   Le choix de cet homme a été l’aboutissement d’une primaire dont ont fait partie des personnes honorables présentant chacune le type de politique qu’elles mèneraient si elles se présentaient aux élections présidentielles. La transparence de cette procédure était si incontestable que même les adversaires, et d’autres à l’étranger, en ont reconnu la qualité. Un modèle du genre ! Beaucoup de gens de Gauche ou de sympathisants  ont participé à cette confrontation dont François Hollande est sorti vainqueur.

                  Ensuite, François Hollande s’est présenté au suffrage universel, en en respectant les conditions imposées, notamment la limitation du financement de la campagne. Son adversaire avait l’avantage d’être le sortant, et bien d’autres, illégaux, que l’on vient de découvrir. Or c’est François Hollande que le peuple a porté à la Présidence de la république.

                Vrai ou faux ?

                Or une grande majorité du peuple, Gauche et média y compris, depuis quasiment le début du mandat, attaque et la personne, et son autorité de chef d’Etat. Tous les moyens sont bons pour ridiculiser l’homme et contester ses décisions. Il semble qu’aucun chef d’Etat français n’ait été aussi mésestimé que lui.

               Qu’une partie sectaire de la droite s’amuse à ce jeu. C’est pratique, ça évite de penser. Disons que c’est logique. Qu’une Clara Bruni Sarkozy injurie Hollande, le traite de pingouin, le traine plus bas que terre, on peut le comprendre : elle a souffert de voir son mari détesté, et si, au su de l’escroquerie de Bigmalion, elle estime nécessaire d’insulter l’ennemi juré pour prouver son estime à celui qui pourrait ne pas la mériter, c’est son problème. Mais que ce soit la Gauche, dans sa quasi-totalité, qui entonne ces chants de mépris, voire de haine me paraît inconcevable.

               Si Hollande était aussi nul à l’époque que la Gauche le proclame aujourd’hui, comment se fait-il que cette Gauche ait voté par deux fois pour Hollande ? Ça signifierait que la Gauche dans sa totalité est stupide, qu’elle n’a aucun sens des réalités. Dans ce cas, qu’elle laisse la place à d’autres qui seraient plus lucides, qu’elle ne se mêle pas de vouloir diriger le Pays.

             Et lorsque j’essaie de comprendre ce que la Gauche reproche au Président légitimement élu, je lis tout et son contraire : c’est un mou, un indécis, un velléitaire, ou, c’est un obstiné, qui se fixe un cap et est incapable d’en changer, c’est un traitre, c’est un incompétent, c’est un technocrate, c’est, c’est…Mais si tous ces défauts sont si énormes qu’ils en sont évidents, pourquoi ne les avons-nous pas vus. Ce sont nous les idiots, nous les incompétents, ce sont nous qui l’avons mis à la tête du pays. Serait-ce donc plus confortable de projeter sur cet homme notre bêtise, de l’accabler de tous les maux, plutôt que de reconnaître notre aveuglement, à l’assumer, en soutenant Hollande pour limiter les dégâts plutôt que de l’enfoncer.

            Et lorsque j’essaie de saisir de la part de ses détracteurs tout ce qui est faux chez Hollande, en quoi il se trompe, en quoi il ne fait qu’une politique de Droite, les approximations sont telles que je ne suis pas convaincu, d’autant plus que certains experts de Gauche semble lui donner raison. Et si j’essaie de comprendre les propositions des donneurs de conseils, là encore je lis tout et son contraire, et j’ai l’impression d’assister à une cacophonie qui n’a rien d’artistique, un salmigondis de « Ya qu’à ». A tel point qu’il me semble nécessaire et urgent de changer notre Constitution, et d’élire les quarante quatre virgule un millions d’électeurs inscrits comme Présidents de la république. Telle me paraît être la vision que nous, la Gauche, avons de la politique.

               J’écris ce billet après avoir assisté, par télévision interposée, à un spectacle pour moi magnifique : la finale de rugby entra Cahors et Toulon.

               Magnifique ! Merci aux deux admirables équipes, et bravo Toulon ! Et merci Johnny Wilkinson !

               Quel dommage que j’aie été le seul représentant de la Gauche à me délecter à regarder ce match ! Peut-être que j’exagère d’ailleurs, (normal me direz-vous, puisque vous êtes de Gauche), je n’étais pas seul, j’y ai vu parmi les spectateurs, un certain François Hollande (quoi, il n’est pas de Gauche ! ), et aussi Manuel Valls (Lui, il est de droite ? ah bon !), Najat Vallaud-Belkacem (ça n’est pas une politique, ça fait dans la représentation, la preuve, c’est une femme ? Ah tiens !) ? Donc je n’étais pas seul à savourer le spectacle, mais à part les personnes citées, y avait-il d’autres gens de gauche capables de s’intéresser à un travail en équipe, à savoir ce qu’est un groupe solidaire, enrichi des différences, soucieux de l’intérêt collectif, respectant une certaine discipline, respectueux de ses coéquipiers ? Comme si agir en équipe n’était valable que comme jeu pour amuser la galerie.

                Toutes ces questions, parce que, naïvement, je pensais qu’être de Gauche, c’était respecter son voisin, ne pas prendre plaisir à le descendre, écouter ses opinions, apporter les siennes, accepter la règle de la majorité, refuser les injustices, les atteintes à la personne, etc, etc…

                 Mais je veux bien croire que tout ça c’est du pipeau, ça donne bonne conscience, c’est un cache-misère, mais que, être de Gauche, finalement, c’est comme être de Droite, sans parler des extrêmes, c’est chacun pour soi, sauver sa peau, sauver les apparences, être humain quoi, faillible, pas parfait, bien de chez nous.