IMMIGRATION

28/10/2014 13:43

 

Ne parvenant pas à importer la photo « world _0.jpg »  que je souhaitais vous soumettre, je vais tenter de vous la décrire, mais peut-être la connaissez-vous déjà, et donc vous la reconstituerez facilement, tant elle paraît banale en un premier coup d’œil, puis se révèle stupéfiante :

 Un très beau et large premier plan champêtre.  A gauche, la photo est bordée sur toute la hauteur par une rangée de hauts palmiers ombrageant légèrement une magnifique pelouse vallonnée, au vert lumineux. Un palmier isolé ferme la photo sur sa droite. Bien centré, un peu au-dessus du bord inférieur, sont posés deux petits personnages, en fait deux golfeurs. Le terrain de golf occupe la moitié inférieure de la photo. Une haie sombre et dense barre sur presque toute la largeur le quart de la partie supérieure. Le flou du dernier quart supérieur évoquerait  un incertain lointain si, très curieusement des silhouettes humaines, étonnamment précises et proches, paraissent comme suspendues dans le vide. Elles le sont. Elles chevauchent le sommet d’un très haut grillage, attendant sans doute le moment opportun pour sauter dans le vide du pays qui, espèrent-ils, sera celui de leur liberté. Des migrants tentant de passer une frontière.

D’un côté, de jeunes hommes, candidat à la migration, balançant entre angoisse et espoir, de l’autre côté, à quelques dizaines de mètres de là, deux occidentaux dont l’intense objectif est de loger une petite balle blanche dans le trou de la victoire.

Deux mondes.

D’un côté un monde de misère dont les jeunes fuient leur pays d’origine, fascinés par le mirage de paradis terrestres, de l’autre côté, un monde jaloux de son relatif bien-être qui se replie sur soi, sur son confort à quatre sous, son faux luxe, son auto familiale et ses divinités.

Or

« Un nombre record de 3.072 migrants ont péri en tentant de traverser la Méditerranée depuis le début de cette année, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) » (28/10/2014).

Deux conceptions concernant l’immigration s’affrontent : soit fermer les frontières et filtrer rigoureusement le flux des personnes que les pays acceptent d’accueillir, soit ouvrir grand ses portes, et laisser les humains circuler librement sur ce grain de riz qu’est « notre » planète.

D’un côté, « "Nous ne soutenons pas les opérations de recherche et de sauvetage prévues en Méditerranée," a écrit la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères britanniques, Joyce Anelay. "Nous pensons que (ces opérations) créent un 'facteur d'attraction' involontaire, encourageant plus de migrants à tenter la dangereuse traversée de la mer et conduisant donc à plus de morts tragiques et inutiles", a-t-elle expliqué.

« Réduire l'immigration est une priorité pour le Premier ministre conservateur David Cameron, qui s'efforce de renégocier les termes de l'appartenance de la Grande-Bretagne à l'Union Européenne. A l'approche des élections législatives de mai 2015, il est mis sous pression par la popularité croissante de l'Ukip (UK Independence Party), parti europhobe et anti-immigration. » Point.fr du 28/10)

De l’autre côté : « C’est l’enfermement national qui est suicidaire » 8

Alors qu’une partie des intellectuels français se crispe sur la question identitaire, le philosophe André Glucksmann reprend le flambeau de l’esprit des Lumières et invite l’Europe à accepter la mondialisation des migrations (le Monde)

Il n’est pas question de la libre circulation ou non de paquets de cigarettes, mais de la vie d’êtres humains. Ces jours-ci des chroniqueurs estiment que le FN se recrute à présent et surtout chez les ouvriers. Existe-t-il un seul ouvrier, pris à part, qui accepterait de maintenir sous l’eau la tête d’un de ses frères, venu d’ailleurs, jusqu’à ce que mort s’en suive ? Je suis persuadé que non.