Je republie Caïn

02/06/2015 23:10

Il y a cinq ans, dans mon blog de Médiapart, je m’étais amusé à pasticher le grand Victor pour commenter l’actualité de l’époque. Vu la chaleureuse ambiance qui semble régner  chez le très neuf parti des « Républicains », il me semble intéressant de retrouver le faux frère.

Médiapart le 02 MAI 2010 

Le bouclier fiscal 

Lorsqu’avec ses fidèles et se sentant tout bête

Echevelé, livide, au milieu des tempêtes 

Sarko se fut enfui devant l’électorat 

Comme le soir tombait l’homme sombre arriva 

Au bas d’une montagne en une grande plaine. 

Lagarde fatiguée, ses commis hors d’haleine

 Lui dirent : « Couchons nous et dormons ! » 

Sarko ne dormant pas songeait au pied des monts. 

Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres 

Il vit un œil tout grand ouvert dans les ténèbres 

Et qui le regardait dans l’ombre, fixement. 

« Le bouclier fiscal ! » dit-il sombrement.

Mais je ne céderai pas face à cette racaille ! 

Quand bien même je ferais figure d’épouvantail. » 

Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,

 Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve, 

Sans repos, sans sommeil, inaccessible aux grèves, 

Et comme il s’asseyait, il vit dans les cieux mornes 

L’œil à la même place au fond de l’horizon. 

« Le bouclier fiscal ! » C’était son obsession !

 Car donner aux nantis en privant les pauvresses, 

C’est encourager l’ardeur et punir la paresse ! 

Vision insoutenable, certes, mais pourtant nécessaire. 

Pour détourner les regards, un de ses mercenaires 

Eut l’idée de brandir un long voile en forme de burqa,

Comme ça ne suffisait pas, Sarko pria son Ganelon

 De faire diversion : Besson se lança dans une chasse effrénée 

Aux plus pauvres des pauvres, aux plus déshérités, 

A ceux que la misère pousse à fuir leur pays 

Et chercher des miettes pour nourrir leur famille. 

Ce faisant, le félon prétendait sauvegarder 

De la race la pureté, 

Du Pays l’identité. 

Mais comme les français toujours renâclaient 

De voir ce bouclier protéger les pourvus,

 Laissant le peuple aussi pauvre, aussi nu, 

Sarko, Zémour aidant, leur désigna comme seul ennemi public 

Les malfrats de banlieues, les petits loubards survivant de trafics. 

Il lança Hortefeux faire des moulinets censés assurer la sécurité,

 Alors que, de ses moyens, il dépouille la Gendarmerie en secret. 

 

Caïn avait tué Abel 

Et rongé de remords 

Se sachant criminel

 Exorcisait la mort. 

Ce tourment qui l’habitait en permanence 

La culpabilité

Signait pourtant son appartenance 

A l’Humanité. 

Sarkozy quant à lui, incapable de pause 

Parait inaccessible à toute remise en cause. 

Il détruit sans vergogne, 

Il vitupère, il cogne, 

Il poursuit ses idées,

 Qu’elles soient ou pas sensées. 

N’est-il pas de ces humains 

Qui ont pété les plombs 

Qui agissant d’impulsions 

Vous jettent sous un train ? 

Qui accepterait de reconnaître sa stupidité 

D’avoir ouvert les portes de l’Elysée 

A un être si manifestement insensé ? 

(Merci Victor !)