Journal d’un frontiste le 7 janvier 2057

22/02/2017 01:26

 

Hier soir, samedi, en toute fin d’après-midi, et comme j’allais rentrer chez moi, je reçus le renseignement souhaité : L’auteur de la lettre anonyme est une femme.

 J’en étais sûr  vu que le procédé, tout comme le poison, est généralement une arme féminine qui exprime la faiblesse et la lâcheté de cette moitié d’humanité. Or la délatrice est une déléguée du personnel qui a pris beaucoup d’ascendant sur les autres et s’est rendue intouchable. De plus dans son quartier, elle est commissaire politique du Parti, et paroissienne très active, une bonne dame d’œuvre  comme on n’en fait plus. M’en prendre à elle, c’est provoquer une émeute qui peut s’étendre à tout Chambéry et compromettre ma situation toute fraîche. Impensable !

Je serais coincé si aujourd’hui n’avait été un dimanche. L’oisiveté étant la mère de tous les vices, le Parti a rétabli le travail du samedi pour tous et le repos obligatoire le jour du Seigneur. Personnellement je ne m’en plains pas et je me demande même comment faisaient les pseudo-travailleurs, avant 2017, pour ne pas s’ennuyer. Il n’y a que les vieux pour rouspéter, eux qui ont connu cette période où on se la coulait douce et ils se traînent, râleurs, n’étant pas encore à la retraite.

Bref ce jour du dimanche a pu me permettre d’aller discrètement chez Carole qui a accepté de me recevoir. Je crois avoir une amorce de solution. La démarche restera ignorée du service étant donné que seul un de mes supérieurs peut avoir accès à mon dossier. Mais là tout de suite j’ai un match de rugby que je ne veux pas rater…