La fascination d'être député

17/06/2014 21:29

La fascination qu’exerce la fonction de député

              

 

Que l’Assemblée Nationale  soit composée par une écrasante majorité de personnes ayant une formation supérieure fait se poser la question de la motivation. Pourquoi des personnes qui ont des professions  qui leur permettent de vivre dans le confort briguent-elles la députation ? Par altruisme, par civisme, par ambition, par sport, par ennui, par goût du Pouvoir, désir de domination, par idéologie  … ?

 

En France,  être « député » est une fonction importante puisqu’elle participe à définir le mode de vie des citoyens.

Certaines personnes se soumettent honnêtement  au suffrage de leurs concitoyens pour tenter d’en améliorer la vie, et pour ce faire, ont des idées plus ou moins précises, personnelles ou inspirées par un groupe de référence et se revendiquant de lui, et de la conviction. Ceux-là sont sincères, et travaillent dur pour le bonheur de tous. Ils ne sont pas forcément ceux dont on parle le plus, mais ils existent.

Et puis, il y a les autres.

Ces autres sont sans doute attirées par l’aura qu’entoure la fonction : être député, ça vous pose un personnage. Le titre en relief sur une carte de visite, c’est impressionnant, ça ouvre beaucoup de portes, ça vous fait être très sollicitée. Pour peu que vous ayez la tchatche, que vous présentiez bien, que votre apparence soit relativement séduisante, que vous ayez cette confiance que donne le sentiment d’appartenir à la classe supérieure, vous êtes irrésistible, le petit peuple craquera et vous l’emporterez.

Et une fois en place, il sera difficile de vous en déloger. Surtout si vous avez exercé une profession certes passionnante mais qui, répétitive, finit par vous lasser. Ça n’est pas qu’être député soit toujours captivant : ces longs bavardages à subir, et souvent tard  la nuit en décourageraitent plus d’un, mais il suffit d’organiser son mode de somnolence pour paraître présent.

Car lorsque, pour la première fois, vous débarquez, impressionné, dans l’hémicycle et que vous assistez à votre première séance, vous avez vite compris que vous ne pourrez que vous taire. Il en faudra du temps avant que vous puissiez ouvrir la bouche, à condition que vous y  parveniez ! Les vieux renards, ces ténors, propriétaires de lieux, auront vite fait de vous renvoyer à votre somnolence. Ce qu’ils exigent de vous, c’est simplement un vote qui les favorisera.

Et puis, être député, c’est quand même la belle vie, c’est vivre à Paris au frais de la princesse. Et ça, ça n’a pas de prix !

D’où l’importance des « législatives ». Elles se préparent de longue date. Faut y penser très tôt, et faire ce qu’il faut pour, comme se trouver aux bons endroits, copiner avec les bonnes personnes. C’est tout une stratégie. C’est ça, faire de la politique. C’est un vrai parcours de combattant, l’entrainement pour la suite.

Pour ceux qui ont une ambition modérée, ils se contenteront de siéger. Ils estimeront avoir obtenu leur bâton de Maréchal. Ils n’en demandent pas plus. Pour d’autres, aux dents plus affutées, être député sera un marchepied. Ils graviront d’autres échelons, en politique ou ailleurs Ils en auront profité pour garnir leur carnet d’adresse en conséquence.

Et le peuple ? Les gens qui vivent et dont la loi que vous venez de voter va compliquer la vie ?

Voilà ce qui, selon moi bien sûr, conduit un certain nombre de personnes dans l’Hémicycle sacré. Pour les raisons déjà avancées (l’absence de représentativité) et pour ces dernières pas très reluisantes. Je pense que l’Assemblée Nationale est aujourd’hui le principal obstacle à la démocratie. La moitié du pays répond par l’abstention.