La fin des combats de coqs

30/03/2017 12:19

 

SI l’hypothèse que j’ai proposée hier se montre crédible et décrit les intentions de François Hollande, il s’agirait de la meilleure des nouvelles de cette course à la présidence de la République.

Cela signifierait l’adoption par la France d’une philosophie politique fondée sur le partage serein des idées et de leur application. Une révolution !

Cela signifierait la fin d’une maladie chronique, ancestrale et mortelle qui veut que la conduite du Pays résulte de l’issue de séries de duels à mort entre mâles. « Entre mâles » ? Depuis peu les femmes sont entrées dans l’arène et y ont introduit la touche d’intelligence et de sagesse dont les adversaires manquaient singulièrement. Elles sont sans doute les inspiratrices de François Hollande et de son supposé (par moi) projet.

Jusqu’à maintenant, la démocratie française reposait sur la violence et le rapport de force, soutenus et entretenus par les partis. En fait je devrais écrire par les parties, tant l’issue des combats dépendait du pourcentage de testostérone des combattants. L’assemblée nationale figurait un ring rappelant que les humains sont essentiellement des animaux qui trouvent plus simple et amusant de s’imposer plus par l’exhibition de leurs muscles que par la subtilité de leurs neurones.

Il est grand temps que nos mœurs évoluent. C’est, me semble-t-il l’intention du Président de la République actuel, et toujours en fonction.

Hollande, pour les raisons ci-dessus évoquées, refusant la bataille des muscles, a délaissé la lice et évité de se voir malgré lui et par tradition entraîné à jouer les gladiateurs. Il a promu son héraut dont la frêle carrure annonce la nature du mouvement qu’il souhaite impulser. « En marche » serait une randonnée agréable et durable proposée à des amoureux de la Nature, et donc de la planète, durant laquelle chacun proposerait une manière de bien vivre ensemble. L’idée a déjà séduit et rassemblé des personnes qui appartenaient à des camps opposés s’étripant joyeusement pas plus tard que la veille. Et moi qui n’avait rien compris y voyais méprisant « une soupe populaire », ne voulant pas me souvenir qu’un tel repas a sauvé bien des vies. Enfin, pour me résumer, je trouve l’idée (si elle existe) géniale.

Mais alors pourquoi tant de cachoteries qui font que les propositions toutes aussi géniales de Benoît Hamon viennent compromettre celle de Macron. D’autant que son programme est non seulement non agressif, mais il est généreux, il apporte un plus à celui de Macron qui semble n’avoir pas perçu l’urgence qu’il y a à secourir les forces vives du futur, les jeunes en déshérences, chômeurs, boulots de misère, étudiants précaires …Il apporte à Macron ce surplus d’humanité que son programme donne l’impression d’ignorer.

Ces deux-là (si je ne me trompe pas quant aux intentions de Hollande) sont complémentaires. Il faut sauver le soldat Hamon ! C’est urgent, indispensable, vital.

J’ai lu ce matin que Mélenchon a rejeté avec mépris et dérision le souhait de Hamon de faire marche commune. Tant mieux ! Mélenchon n’est pas le compagnon idéal, il est incapable de travailler avec d’autres, il ne sait jouer que perso, comme on dit dans le sport, et ça n’est pas parce qu’il remplit les stades de hooligans que sa démarche est utile au pays.

Non, je crois que Hollande propose à la nation une révolution politique immense, mais qu’il doit l’annoncer clairement, solennellement à la France, sous peine de la faire capoter et avec elle, casser la patte humaniste de Hamon.

Ce serait l’échec de deux formidables idées.