La fragilités des principes

28/01/2016 13:15

 

J’ai attendu avec impatience la sortie du « rapport Badinter » espérant qu’il imposerait des solutions puissantes donnant à court terme du travail à tous les chômeurs, ce que je crois possible.

Or la lecture attentive du « rapport Badinter » qui a dégagé les « principes essentiels du droit du travail » m’a permis de découvrir ce qui avait régi sans que je le sache toute ma vie professionnelle aux débuts très variés. Ce fut un peu comme si je découvrais que le code de la route existait après avoir piloté des engins mécaniques sur des millions de kilomètres de routes. Je découvrais un ensemble d’évidences, mais rien de ce que j’espérais.

Ce constat ne signifie pas que ce travail précis et rigoureux est inutile, bien au contraire. L’évidence ne vaut que pour quelques individus comme moi, dispersés sur la planète alors tant d’autres subissent tout le contraire et que la violence patronale mondiale fait fi du statut d’êtres humains des personnes exploitées.

Ce travail de la commission est bien sûr capital, indispensable, même si je crains que certaines de ses restrictions ouvrent large la porte aux interprétations des patrons français qui continueront joyeusement à enrichir eux-mêmes et leurs actionnaires sur le dos des travailleurs. Ainsi :

 Article 1er Les libertés et droits fondamentaux de la personne sont garantis dans toute relation de travail. Des limitations ne peuvent leur être apportées que si elles sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché.

Article 6 La liberté du salarié de manifester ses convictions, y compris religieuses, ne peut connaître de restrictions que si elles sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché.

Les termes soulignés par moi-même permettront aux patrons malhonnêtes d’ignorer les principes les gênant, sous prétexte que « nécessité fait loi ! ».

Mais ma réserve au sujet de ce rapport est plus fondamentale. Elle se réfère à l’apophtegme attribué à Chilon de Sparte : « Les principes, ou on est à cheval dessus ou on s’assoit dessus, de toutes façons, on les a quelque part ! ».

J’en veux pour preuve le sort que notre très républicain Président et penseur de Gauche  réserve à la déclaration universelle des droits de l’homme. Il n’a aucun scrupule à la balayer d’un revers de main : Des terroristes de nationalité française qui tuent sauvagement leurs compatriotes et qui font donc tache sur l’identité nationale sont bannis, déchus, ils ne font plus partie de cette belle et grande famille française, ni même humaine. Ce sont des déchets, de la pourriture, de la merde, voilà ce que veut en faire, force loi à l’appui, François Hollande. Cet homme que je croyais de Gauche nous prouve que dès qu’un de ces grands principes nous gêne nous trouvons toutes les bonnes raisons, au nom de notre très intime conviction, de l’envoyer promener. Alors que « ces pauvres cons de terroristes », comme dirait l’autre, ne sont que de très dangereux malades psychiatriques, à neutraliser, évidemment, à enfermer bien sûr, et si possible à guérir de leurs hallucinations pseudo-mystiques. On ne se débarrasse pas d’un enfant, d’une sœur, d’un frère, d’un ami, sous prétexte qu’il est malade, peut-être même contagieux.

Il faut être fort, pour respecter les principes qui fondent nos valeurs. Christiane Taubira est de ces personnes. Elle sait mieux que quiconque ce que signifie le mépris de ces « bien pensants » de tous ordres, y compris nouveaux,  qui n’ont cessé de mépriser les autres, les bougnouls, les yabonbanania, les esclavagistes et autres missionnaires.

Christiane Taubira quitte le gouvernement. La Gauche va enfin pouvoir se reconstruire loin du Pouvoir, jusqu’en 2017.

En attendant, la masse des chômeurs ne va que s’amplifier. Les patrons trouveront de très bonnes raisons de licencier de « par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise. »