La France des notables contre la France du peuple.

16/05/2015 13:46

La France des notables contre la France du peuple

Il est un fait acquis que la France est gouvernée par des notables et dans leur intérêt :

L’Assemblée Nationale est composée d’une grande majorité de cadres supérieurs, alors que le reste des députés est pratiquement constitué de cadres moyens.

Quant au Sénat, il n’est  qu’émanation d’une masse de notables et ne se trouve donc composé que de notable puissance deux. Les intérêts de la caste se trouvent ainsi doublement garantis.

Quant aux conseils départementaux ou régionaux ils obéissent aux mêmes lois sociologiques : ce sont les beaux parleurs, les héritiers de papa et maman installés, qui s’y font élire par des gens résignés et soumis. Les autres, presque la moitié de l’électorat, s’abstiennent.

Ces gens, « les élus », vivent confortablement une vie qui n’a rien à voir avec celle de la masse populaire qu’ils pensent bien connaitre puisqu’il s’agit souvent  de leurs subordonnés. Si bien qu’il est curieux de constater que la gouvernance du Pays ne peut qu’être bancale puisqu’elle repose sur un conflit global d’intérêts.

Conflit d’intérêt ? A part les chômeurs, l’immense masse de ceux qui composent la France et qui par leur travail permanent font vivre et enrichissent le Pays, sont dans leur quotidien soumis à des patrons. Et si dans notre pays les conditions de travail sont acceptables, c’est grâce aux luttes menées dans le passé, non pour cause de bienveillance patronale. Or ceux qui font les lois et orientent la politique qui modèle la vie des citoyens, ce sont ces mêmes gens, de la classe patronale. Les  « petits », les « exécutants », mais aussi les artisans disséminés sur l’ensemble du territoire, fragiles car soumis à des contraintes décrétés par d’autres et qu’ils ne maîtrisent pas, tout ce petit monde dépend des oukases des « grands », qui savent bien mieux qu’eux où est leur intérêt, alors que le leur prime.

Pas étonnant alors que le pays soit ingouvernable.

Or une solution semble permettre la fin de cette aberration.

Elle est proposée par Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Monsieur Rousseau suggère que, parallèlement à l’Assemblée Nationale, soit élue une « Assemblée Sociale », composée des forces vive de la nation, celles qui animent en permanence le pays au cœur même du peuple : associations, syndicats, communautés diverses,  etc…Cette Assemblée serait non seulement consultative mais également exécutive. Elle viendrait contrebalancer et éclairer les décisions prises auparavant uniquement par les notables.

Il me semble que la création de cette Assemblée ne poserait aucun problème de budget. Il suffirait de supprimer le Sénat dont l’utilité est contestée depuis belle lurette, et d’en attribuer les biens et le budget à cette nouvelle Assemblée.

Ainsi le peuple aurait son lieu d’expression et la France  pourrait alors plus justement se dire « démocratique ».