La France est mal partie...

28/08/2015 20:05

Pour les personnes qui me lisent pour la première fois, je précise que je ne suis plus spécialiste en rien. Depuis ma retraite, je ne suis plus psychologue clinicien, ce qui me rend plus disponibles aux questions diverses, notamment politiques. Or je découvre des aspects importants que je méconnaissais, comme sans doute la plupart des citoyens très absorbés par leur quotidien. Je n’ai donc rien à inventer si ce n’est à tenter de faire partager ces opinions méconnues et pourtant si importantes.

Par exemple, quand une personne qui paraît bien documentée tire le signal d’alarme en affirmant que le Pays, et l’Europe et même sans doute la planète courent à la catastrophe, j’y vais voir de plus près.

Ainsi lorsqu’un économiste comme Etienne Chouard qui ne me paraît pas moins honnête et ou moins compétent dans son domaine que ses opposants tente de prouver que le Pays régresse, et dont les arguments me paraissent convaincants, je l’écoute attentivement.

Or un exemple que je connais relativement bien, lu aujourd’hui même sur Médiapart (https://www.mediapart.fr/journal/france/270815/lyon-le-plus-gros-hopital-psychiatrique-de-france-est-sous-tension) me prouve que cet Hôpital où je suis intervenu à plusieurs reprises, et ai grandement apprécié, est devenu méconnaissable, car a viré « entreprise » prenant les personnes pour des « stücks ». Je trouve que cet exemple tout frais relevé parmi tant d’autres, conforte l’hypothèse de l’économiste.

Mais Chouard ne se contente pas de constat. (Il est facile pour chacun d’en faire. Il suffit de regarder son propre porte-monnaie, la hausse du coût de la vie et de recenser les incertitudes qui pourrissent notre quotidien.) Il analyse les causes.

Pour être sûr de ne pas déformer le raisonnement d’Etienne Chouard, je me permets, sans son accord, de transcrire un de ses articles.

Avez-vous déjà entendu parler de l’article 104 du Traité de Maastricht ? Si ce n’est pas le cas, vous feriez bien de vous y intéresser. Il est passé inaperçu dans les médias, et pourtant il ne date pas d’hier…

Cet article – devenu l’article 123 du Traité de Lisbonne – stipule que les Etats membres de la Communauté européenne n’ont plus le droit d’emprunter auprès de leur banque centrale, mais sont dans l’obligation d’emprunter auprès de banques privées, moyennant de très forts intérêts. Auparavant, les prêts accordés aux nations concernées n’étaient pas assujettis à l’intérêt, seul le montant net de l’emprunt était remboursé.
Depuis, les « banksters » ont pris le contrôle d’une grande partie de la « création monétaire », en accord avec les personnages politiques censés nous représenter, nous protéger, dans tous les sens du terme.
Résultat : les banques privées en question génèrent des profits colossaux grâce à nos impôts ! Et la dette publique ne cesse de s’accroître inexorablement au fil du temps.

La France est surendettée et ce n’est rien de le dire (déficit officiel : 2 000 milliards d’euros !) 
(C'est pareil - ou pire- pour tous les autres pays)

Cf un graphique éloquent dessiné
par A-J Hobecq    https://engagement2012.wordpress.com/  

Si c’était une société privée, elle aurait déposé le bilan depuis bien longtemps. Donc, pour combler les trous dans les caisses, pour paraître cette grande, prospère et puissante nation qu’elle fut jadis, la France réclame aux banques privées des fonds, qu’elle obtient immédiatement, car l’affaire est juteuse pour les créanciers. Faute de pouvoir équilibrer la balance budgétaire année après année, elle doit emprunter à nouveau. Primo pour faire fonctionner le pays, secundo pour rembourser le montant du précédent prêt, tertio pour rembourser les intérêts de ce dernier, d’un pourcentage indécent. Et ainsi de suite… C’est un cercle vicieux infernal ! Et cette arnaque engendre un effet inflationniste néfaste in fine.

Evidemment, cet article figure dans le Traité de Lisbonne, ou dans le « Traité simplifié » (*). Vous savez ce traité que nos représentants politiques désirent imposer coûte que coûte, qu’on le veuille ou non. Ils n’imaginent pas une seconde se débarrasser d’une telle aubaine qui a profité durant des décennies aux petits copains des lobbies financiers.

 

A l’époque, j’ai voté oui au referendum qui me semblait favoriser la construction européenne, car si je me souviens bien, c’était pour moi l’intérêt de ce traité, même si certains en dénonçait les défauts. Mais je comprends mieux à présent les arguments de  Philippe Séguin, que j’estimais, vilipendant une Europe qui « enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution ». Or le OUI, dopé par Mitterrand, a obtenu 69,7 % des suffrages. Je n’étais donc pas seul à méconnaître l’absurdité incompréhensible de l’article 104. Ses conséquences m’ont à l’époque, totalement échappé. Car si j’ai bien compris, ce serait cet article qui aurait livré la Grèce aux griffes des intérêts privés.

Cette information, quasiment cachée à la plupart des citoyens, me fait se poser avec encore plus de force, les questions soulevées également par Dominique Rousseau.