La France transportée aux urgences

11/02/2016 13:19

 

La France est dans le coma. Pas en état de mort cérébrale, pas encore, mais pas loin. Son électroencéphalogramme révèle une intense activité du cortex gauche qui essaie d’élaborer des pensées qui permettront les solutions efficaces qui feront sortir de la crise, exemple les six heures pour les libertés, mais montre aussi une activation du cortex droit - la zône dite de Hollande – que d’autres nomment « zône FN », qui tend à neutraliser le cortex Gauche dit « de Grenoble ».

C’est le combat classique entre perspectives d’avenir et dépression profonde, éventuellement létale.

La France moribonde livre un combat désespéré pour sa survie.

Combat désespéré ? Oui, car le mal vient, selon moi, de très loin. Il s’est inscrit définitivement dans son arsenal génétique voilà deux mille ans à la suite d’une doublement fausse interprétation de données.

 C’était à une époque où un homme politique génial ( il s’appelait Jésus de Nazareth, citoyen d’Israël ) s’est révolté contre des lois iniques s’appliquant aux personnes de son peuple dites faibles, en premier lieu les femmes mais aussi les homosexuels, et autres catégories fragiles de la société. Cet homme s’est opposé aux autorités, notamment religieuses, qui maintenaient tout un peuple en esclavage. Il a proposé un slogan totalement révolutionnaire, inédit, stupéfiant : « Aimons-nous les uns les autres » ! qui donnait le pouvoir au peuple. Du jamais vu !

Une bonne partie du peuple juif suivit, enthousiaste, ce meneur politique, en fait démocrate, ce qui ne fit pas l’affaire du Pouvoir existant. L’homme fut atrocement exécuté.

Et c’est à ce moment-là qu’advint la méprise.

Les juifs convertis à ce nouvel ordre politique, disons jésuïstique, était profondément religieux, comme leurs ancêtres, et ne purent accepter la mort de celui qui leur avait ouvert les yeux, ils en firent un dieu. Ne trouvant pas le cadavre de leur héros qu’ils avaient commencé à embaumé avant le samedi pascal, ils le crurent ressuscité. Ce fut la naissance du christianisme : Jésus Dieu, fils de Dieu. Ainsi ils parvinrent à concilier la foi de leurs pères, celle en Yahvé  et celle en son fils, Jésus.

Les chrétiens détenaient la Vérité vraie et en étaient les seuls et uniques dépositaires.

Cette prétention leur valut pas mal de persécutions, mais finalement tant de certitudes qu’ils devinrent arrogants et prétentieux, au point de persécuter violemment ceux qui ne se soumettaient pas à leurs dogmes, contrairement au message de l’homme politique, Jésus.

Il fallut attendre l’intelligence d’un Descartes pour déjouer les pièges de l’Inquisition,  libérer la pensée de la dictature ecclésiale et ouvrir la porte au siècle des Lumières.

Mais le mal s’était installé dès l’an 33, imposant la prééminence de l’occidental, blanc, sur le reste du monde. Autorisant les guerres religieuses, croisades et autres massacres, esclavages, exploitation des gens de couleurs, des petits, des pauvres.

Quant à moi, j’ai grandi à une époque ou les mariages mixtes, c'est-à-dire entre catholiques et protestants étaient monstrueux, pour reprendre le qualificatif qu’attribue Boutin aux homosexuels, Boutin pour laquelle il est préférable de se marier entre cousins germains qu’avec un protestant.

C’est ainsi que l’arrogance religieuse a fait le lit des guerres et exclusions, déjà entre blancs, mais plus encore lorsque la différence était davantage marquée : dans « nos » colonies, par exemple.

C’est ainsi que nous avons utilisé la religion chrétienne pour faire des africains de souches des humains de seconde zone, qui ne pouvaient accéder à la première classe qu’en se convertissant. Il faut avoir vécu hors des cercles coloniaux pour mesurer le mépris profond dans lequel la majorité des blancs considéraient les autochtones.

Et la Libération en 45, qui aurait pu être l’occasion formidable d’une prise de conscience de l’humiliation que représente tout refus de reconnaissance d’une personne ou d’un peuple, fut au contraire pour le peuple français comme une identification à l’ennemi d’hier. Ce fut la guerre d’Indochine, malgré la tentative de dissuasion du Maréchal  Leclerc auprès de De Gaulle. En mourut-il ?  A Sétif, l’écrasement d’une tentative de manifestation d’indépendance. Et toute une génération de jeunes gens dressée à combattre le « fel » et à importer le poison colonial en France. Grâce à des Aussarès, à des Le Pen, tortionnaires, c’est une grande partie de la population française qui est devenue raciste, et qui a rejeté même ceux qui avait foi en la France, les harkis. Merci le FN.

La politique française mise en œuvre dès la Libération a reposé sur le mépris de l’étranger. Nous le payons aujourd’hui.

Rien n’excuse le terrorisme, mais tenter de comprendre en quoi notre mépris, à nous les blancs, pour les personnes différentes devrait permettre de sortir la France du coma

Les millions de chômeurs, la misère des quartiers populaires sont, selon moi, avant toute explication économique, fruits de l’arrogance et du mépris de l’Autre.