la grève des pilotes d'Air-France

14/09/2014 12:11

 

Le billet d’hier donnait cet exemple extraordinaire d’une fête qui célébrait la reprise de production d’une usine qui avait été donnée pour moribonde. A cette fête participait tout le personnel, patron en tête.

Or si l’entreprise avait pu de nouveau revivre, et avec elle, toute une vallée, ça avait été grâce à un homme, Arnaud Montebourg, qui avait refusé ce que beaucoup considérait comme une fatalité. Il était parvenu à réunir lors de multiples réunions et contacts des personnes et instances aux intérêts théoriquement opposés et à convaincre tout ce monde qu’il devait y avoir une solution. Et la solution avait été trouvée.

Cette recherche d’un intérêt, estimée normale dans d’autres pays que la France, fait figure d’exception pour l’ex-usine Péchiney, devenue « Trimet ». Habituellement, en France, les problèmes d’entreprise se transforment en bataille rangée. Les interlocuteurs voient chez ceux d’en-face des ennemis à abattre. Pas question de céder quoique ce soit, même si l’entreprise doit en mourir.

C’est le cas cette semaine chez Air-France, avec la grève des pilotes. Ces gens qui loin d’être au salaire minimum, exigent que l’entreprise paie au même tarif qu’eux, de futures pilotes et copilotes qu’embaucherait Air-France dans une compagnie annexe. Il ne semble pas que cette exigence soit philanthropique, même si les contestataires ne sont pas concernés. Question de prestige pour la corporation des pilotes d’avion qui doit se démarquer des autres métiers plébéiens, sans lesquels pourtant leurs avions seraient vides, ou même inexistants ?

Ce faisant, cette grève corporatiste nuit en premier aux usagers qui devront trouver d’autres solutions. Elle nuit gravement à la réputation de la compagnie, qui passe de plus en plus comme non fiable. Elle nuit lourdement à l’équilibre financier de la dite compagnie ainsi fragilisée.

Mais peu importe que la Compagnie soit mise en danger, elle représente la France, et donc survivra. Les contribuables la renfloueront et les nobles pilotes auront sauvé leur honneur, et leurs confortables salaires.