La grande sagesse d'un philosophe musulman

19/01/2015 14:28

La sagesse d’un philosophe musulman

Des amis m’ont envoyé le texte de « la lettre ouverte au monde musulman » qu’a écrite Abdnennour Bidar, philosophe musulman. Cet écrivain a produit et présenté sur France Inter, durant l’été une émission intitulée « France-Islam questions croisées ».

Cette lettre écrite, je crois, à la suite de l’assassinat de Hervé Gourdel est plus que jamais d’actualité après les événements dramatiques du 7 janvier.

Cette longue lettre est certes un magnifique témoignage d’amour pour l’Islam, mais aussi une très sévère condamnation des pratiques dites religieuses issues des fausses interprétations du Coran.

 « Comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde, l’Islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l’être humain sur le chemin du mystère de l’existence. »

Et le philosophe déclare comprendre que la grande majorité des musulmans s’insurge contre les accusations de certains qui veulent assimiler Islam et terrorisme et eux proclament : « Le terrorisme n’est pas l’Islam, le vrai, le bon Islam qui ne veut pas dire la guerre mais la paix ! »

Or, pour Bidar, ces gens ont raison de protester mais ces affirmations sont vaines s’ils n’acceptent pas de reconnaître que ce sont eux-mêmes qui ont enfanté ce monstre, « l’Etat islamique ».

« Ce démon est né de toi, ô mon cher monde musulman, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine. » Mais « Pourquoi ce monstre a-t-il volé ton visage et pas un autre ? » Parce que le monde musulman souffre d’une maladie profonde « qui explique la naissance des monstres terroristes du nom de Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou « Etat islamique. Ce ne sont là que les symptômes les plus visibles sur un immense corps malade dont les maladies chroniques sont les suivantes : impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion ; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l’égalité, de la responsabilité et de la liberté, ; impuissance à  séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l’autorité de la religion, incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

Tout cela serait-il donc la faute de l’Occident ?

Soit tu t’es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé avec la régression obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l’intérieur de tes frontières- un wahhabisme que tu répands à partir de tes lieux saints de l’Arabie saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident…une caricature de modernité…qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie mondiale qui est le culte du dieu  argent…

Qu’as-tu donc d’admirable aujourd’hui, mon ami ?...

Tu ne sais plus du tout qui tu es ni où tu veux aller et cela te rend aussi malheureux qu’agressif…Tu t’obstines à ne pas écouter ceux qui t’appellent à changer en te libérant de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie toute entière.

Tu as choisi de considérer que Mohamed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l’islam comme politique sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l’Etat que sur la vie civile, aussi bien que dans la rue et dans la maison qu’à l’intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d’imposer que l’islam veut dire « soumission » alors que le Coran lui-même proclame qu’ « Il n’y a pas de contrainte en religion » (la ikraha fi Dîn). Tu as fait de son appel à la liberté l’empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ?

Et le philosophe musulman, Abdennour Bidar, continue ainsi son lourd réquisitoire des peuples musulmans qui, selon lui, ont trahi depuis des siècles et encore aujourd’hui, l’esprit même du Coran.

 Or, dit-il, le Coran prône la liberté et l’amour.

En lisant cette lettre, ouverte aussi aux occidentaux, il paraît être de toute première urgence que les peuples musulmans retournent aux sources de leur culture qui recommande la paix entre les peuples et non les pratiques barbares issues de la trahison du Coran.