La grèce, l'Antigone d'aujourd'hui ?

27/07/2015 19:16

 

 Il était une fois des Pays dont les plus peuplés n’avaient cessé, des siècles durant, de s’entre-déchirer. Désireux de mettre fin à ces conflits coûteux en vies humaines et en richesses diverses, ils avaient décidé d’essayer de cohabiter. Ainsi Thèbes fut créée L’intention était belle, mais ne sachant par où commencer, ces pays choisirent de s’accorder sur les échanges de quelques produits puis de tous. Ils émirent des règles pour réguler ce commerce et même, pour la majorité, une monnaie unique.

Certains pays de Thèbes dont l’habileté à commander et à se faire obéir issue de leur longue pratique militaire durcirent les règlements et exigèrent qu’ils soient strictement respectés par tous. Cette rigueur ancestrale leur convenant tout à fait, un ou deux Pays s’enrichirent beaucoup plus rapidement que les autres, dont celui de Créon. Celui-ci en profita même pour faire des affaires au détriment de petits Pays moins habiles que le sien.

 Les petits Pays, victimes d’un passé fait d’astuce pour échapper à des oppresseurs séculaires, avaient de grosses difficultés à appliquer le règlement. Ce qui augmenta leur dette. Ainsi les petits devinrent gros débiteurs de gros pays qu’ils enrichirent davantage. La situation rappela celle de l’esclavage. Créon ne voulut pas l’admettre. Le règlement, c’est le règlement !

Le coryphée tenta bien de prier Créon de tempérer ses exigences. Mais Créon, menaçant,  lui cloua le bec. Dans un des petits pays, un conflit familial opposa deux frères à la conception du commandement opposée. L’un des frères prit de l’ascendant sur l’autre. Il refusa que son peuple devienne l’esclave des riches mais, pour être sûr d’exprimer le désir de tous les citoyens, il les consulta.

La réponse du peuple fut « OXI ! ». « Non, nous ne voulons pas de la servilité. Nous voulons vivre dignement ! » Ainsi parla Antigone.

Inflexible, Créon décida d’enfermer Antigone dans une grotte et de l’emmurer vivante.

Tirésias, le devin, tenta de prévenir Créon, le tyran, qu’en appliquant avec rigidité ses règlements aveugles il enfreignait les lois sacrées que sont la solidarité, la compassion, le respect de la vie. De nouveau, ce serait la guerre qui, bien qu’économique n’en est pas moins meurtrière et ignoble.

Créon sera-t-il sensible à ces arguments ou préférera-t-il condamner à mort Antigone et sa famille, et même son propre fils, et Thèbes finalement ?

Dans cette tragédie, écrite par Sophocle près de cinq siècles avant notre ère, Schaüble a choisi de jouer Créon. Malgré les timides réticences d’un coryphée représenté par Merkel, malgré les pressions, modérées, de Tirésias / Hollande, prédisant qu’au nom du sacro-saint respect du règlement, Créon assassinera-t-il Antigone, la Grèce, Syriza, Tsipras ?

La nouvelle Thèbes qu’est l’Europe en survivra-t-elle ?