La haine au coeur des humains

16/11/2015 06:37

Pourquoi tant de haine ? A Paris, lors de cette sinistre nuit, elle est là, mais aussi partout dans le monde depuis que l’homo sapiens le peuple. Sauf qu’aujourd’hui, c’est dans notre Pays qu’elle explose. Chez nous.

Or la haine semble être un sentiment essentiellement humain. Et universel. Un des aspects de notre spécificité.

Nous le savons bien, intellectuellement, qu’elle existe cette haine, et, alors que ce sont d’autres personnes qui en vivent les effets dans leur chair, dans leur cœur, en parler deviendrait obscène si nous ne  sentions pas soudain cette purulence nous envahir. Nous aussi, devant la terrifiante absurdité du massacre soigneusement organisé, sommes capables de haine. Ça s’appelle le désir de vengeance.

Et nous nous surprenons à éprouver ce que nous condamnions.

Nous aussi, en laissant ce sentiment malsain se développer, nous nous avilissons. Pas de raison que ça s’arrête !

Sauf si nous parvenons à refuser cette dégradation.

Sauf si nous acceptons, la stupeur passée, d’en appeler à la raison.

 Alors nombreux sont les arguments qui nous conduisent à renoncer à cette réaction normale qu’est la haine.

Or aujourd’hui, il semble que la tentation soit grande de condamner l’islamisme.

 L’islamisme est une religion qui comme toutes les religions a pour but de relier les personnes entre elles, de faire qu’elles s’unissent et vivent en paix. Certaines personnes, il est vrai, trouvent en elles-mêmes  d’autres sources de sérénité. Elles sont athées. Ce qui est tout aussi respectable.

Mais ces religions sont utiles et nécessaires pour beaucoup de personnes. Elles leur permettent  de trouver leur équilibre, de vivre sereinement. Elles sont la boussole qui les aide à trouver leur chemin dans la vie. Et c’est heureux. L’Islam est une de ces religions parmi d’autres, et à ce titre, il est tout à fait respectable.

Mais de tout temps il y eu des personnes malsaines qui profitant de leur ascendance sur d’autres ont créé des sectes pour transformer leurs adeptes en esclaves, annihilant leur volonté. C’est ce qui se passe aujourd’hui avec ceux qui sèment la terreur. Ils sont une minorité réduite et n’ont rien à voir avec la religion. Les médias nous apportent suffisamment de témoignages en ce sens pour que nous sachions que l’Islam et tous ses fidèles ne sont pas en cause.

Mais comme l’Histoire de l’Occident nous rappelle que même une religion peut durant plusieurs siècles déraper et persécuter ceux qui contestent ses abus, certains,  fidèles au bon vieux temps, ressuscitant l’inquisition, aimeraient atténuer l’extrême sauvagerie d’une pratique qui fut officielle en déplaçant le problème sur une religion concurrente, la leur étant en perte de vitesse.

C’est être de très mauvaise foi, et même malhonnête, que d’attribuer à l’Islam, les maux qui nous bouleversent. L’immense majorité de ses fidèles pratique une foi qui prône le respect des autres et que la France ne peut qu’être heureuse d’accueillir en son sein.

Si nous voulons combattre le terrorisme, c’est la raison, l’intelligence et non la haine qui le permettront.