La meilleure façon de marcher

31/01/2017 13:44

 « N’est-il pas réellement bien extraordinaire de voir, que, depuis le temps où l’homme marche, personne ne se soit demandé pourquoi il marche, comment il marche, s’il marche, s’il peut mieux marcher, ce qu’il fait en marchant, s’il n’y aurait pas moyen d’imposer, de changer, d’analyser sa marche : questions qui tiennent à tous les systèmes philosophiques, psychologiques et politiques dont s’est occupé le monde. »

Sage question d’Honoré de Balzac qui nous invite avec quelque deux siècles d’avance à nous interroger sur la démarche macronienne.

« EN MARCHE ! » nous propose le frétillant jeune homme. Quoi de plus simple ? Nous avons tous appris lors descamps scouts et colonies de vacances de notre souriante jeunesse que « la meilleure façon de marcher, c’est sûrement la nôtre, c’est de mettre un pied devant l’autre et d’recommencer ! ». Ainsi, il suffit de faire ce qu’on a fait depuis toujours, obéir aux chefs en  pratiquant le pas militaire, voire le pas de l’oie, et d’avancer : « Garrrrd’à vous ! En avant, marche ! Une deux, une deux ! » Et pour se donner du courage et mieux scander le pas, en nous donnant le sentiment de force que procure une masse, la troupe entonne des chants où il est question de Bourse -c’est la vie ! - de Capital, d’actions et  d’actionnaires, de dividende, de Nasdaq et stock-options.

 C’est la mécanique un peu anesthésiante  du défilé d’une troupe unie suivant Macron, son porte-drapeau aux couleurs de la finance internationale. D’où sort-elle ? De la Banque Rothschild. Où va-t-elle ? Vers la surconsommation, la destruction de la planète, et la richesse d’une minorité. Serait-elle pacifique ? Il ne faut pas s’y fier ! L’argent allant à l’argent et sachant qu’on ne prête qu’aux riches, elle fait la fortune des fortunés mais elle écrase les petits. Elle tue, elle-aussi, apparemment moins que le FN qui refuse ouvertement de tendre la main aux personnes en détresse, mais elle tue en pratiquant une comptabilité inhumaine sous couvert de pragmatisme.

« En marche » nous invite à la répétition. Ça n’est pas le progrès, c’est le conservatisme, la prudent placement du père de famille très aisée. Le calcul d’une raison qui n’écoute pas son cœur. C’est petit, c’est mesquin. C’est ne pas prendre en compte l’immensité de la détresse des français démunis, et de celles des gens désespérés d’ailleurs.

Il nous faut faire preuve de générosité, d’imagination, d’audace. Sinon, l’Humanité disparaîtra.