La menace de trois dictatures

13/04/2017 07:50

 

Nous, citoyens lambda, mais dont chacune des voix va peser lourd dans le mode de vie qui attend les générations futures, avons une bien grave responsabilité.

Pour ma part, je redoute la menace de trois dictatures.

La première, mère des deux autres, concerne la dictature de l’argent. Cette dictature-là a, depuis des décennies, réduit la France en esclavage. Une poignée de privilégiés, ultra riches ou fortunés, se prélasse dans le luxe et l’opulence, méprisant allègrement ceux qui font leur richesse, les classes moyennes et les pauvres. Elle dicte la vie de chacun, prônant l’austérité pour les citoyens modeste, et le faste pour ses membres. Leur chef de file lors de cette campagne présidentielle, est le caricatural Fillon. Ceux qui estiment cette campagne ratée parce que polluée par la révélation des honteuses magouilles du bonhomme, selon moi se trompent. Elle n’a jamais été aussi réussie, car sans la mise à jour de la pourriture des puissances d’argent, la question ne se poserait pas plus qu’elle s’est posée antérieurement, Fillon serait le président idéal pour la France, un homme respectable, à l’honorabilité inoxydable. Il n’est pas encore hors jeu, mais la raison ne devrait pas tarder à l’envoyer dans les oubliettes de l’Histoire. Cette dictature mondiale mais particulièrement efficace en France a suscité un immense mécontentement qui nourrit les deux autres variantes de dictature.

La dictature du Front National. Celle-là, nourrie des mouvements nationalistes antérieurs, a pris vie sur le racisme généré par le colonialisme. Il faut l’avoir vécu pour comprendre combien chez certains la situation de colons, supérieurs à ces demi-humains qu’étaient les indigènes, a pu charpenter leur identité défaillante. Privé de leur faire-valoir et de « leurs » terres, ils se seraient évaporés si quelques meneurs, dont Le Pen père, n’avait récupéré leur haine pour l’étranger. Obligés de se replier dans la métropole, ils s’y sont cadenassés, rancis, et veulent faire de la « Patrie » une bulle qui exclut tout ce qui ne leur ressemble pas. Très curieusement, ils se découvrent « chrétiens », oubliant l’universalisme de ce mouvement humaniste. Ce type de dictature, fondée sur la haine de l’Autre, constitue une régression dans ce qui fait le courant de l’histoire.

La troisième dictature est, selon moi, la plus dangereuse. Il s’agit de ce vaste élan que suscite Jean-Luc Mélenchon.

Je l’estime dangereuse parce qu’alimentée d’idées généreuses auxquelles toute personne de bonne foi ne peut que souscrire. Et tout comme les foules qui se pressent de plus en plus fournies, j’y adhérerais totalement si…

 

J’adhérerais sans réserve à cette immense et belle mobilisation si le programme de Jean-Luc Mélenchon ne comportait par une clause essentielle et pour moi absolument inacceptable : faire sortir la France de l’Europe.

Se replier sur soi est bien sûr à la mode, c’est dans l’air du temps. L’Angleterre, suite à une campagne mensongère, a décidé de prendre le large, La Pologne, la Hongrie sont tentées par une telle aventure. La Turquie adopte la dictature et s’isole. La Russie succombe au même démon. Jusqu’aux USA à se laisser tenter par l’isolationnisme.

Tous ces nationalismes sous-tendus d’égoïsme collectif devraient nous inciter, nous les européens à resserrer les liens qui nous unissent, non seulement par pragmatisme mais aussi par philosophie, pour unifier l’Humanité au lieu de la morceler.

L’Europe, après des siècles de déchirements est une superbe idée et une belle aventure, et en plus elle nous permettra de tenir une place exemplaire dans le monde si nous la consolidons.

Or entretenir l’idée que la France s’affranchisse de l’Europe constitue pour moi le vice rédhibitoire du programme de Jean-Luc Mélenchon.

« Qui veut noyer son chien dit qu’il a la rage ».

Jean-Luc Mélenchon prétend qu’il ne ferait quitter le France de l’Europe que s’il ne parvient pas à négocier de manière satisfaisante les traités existants. En fait, lui qui depuis un bon bout de temps fait cavalier seul, supporte mal de devoir se soumettre à quoique ce soit, je le soupçonne de ne pas supporter d’être dépendant des autres, de faire des concessions, aussi, il aura vite fait, s’il est au pouvoir, de faire sortir la France de l’Europe et de se retrouver le seul chef qui n’aura de compte à rendre à personne. Autrement dit, être un dictateur. Il n’est qu’à voir la facilité avec laquelle il mobilise les foules.

Or la magie du verbe de Jean-Luc Mélenchon, démultipliant génialement le nombre des fans qui, toujours plus nombreux s’agglutinent autour d’une présence réelle ou symbolique repose essentiellement sur la séduction. Bien sûr qu’il est intelligent et a de bonnes idées. D’autres aussi en ont, à mon avis meilleures, d’où mon vote pour Hamon, mais n’ont pas cette facilité du tribun, ou l’ont mais refusent d’en jouer. Mélenchon n’a pas ce type de scrupule. Fasciner les foules est devenu sa drogue. A présent qu’il y a goûté, Il ne pourra s’en passer. Et je ne peux m’empêcher de penser à l’ascendant qu’ont exercé Hitler et ses sbires sur les foules allemandes, pas moins intelligentes que celles que mobilisent Mélenchon. Souvenons-nous que Hitler a obtenu le pouvoir légalement.

Voilà quelques unes de raisons qui me feront voter Hamon.