La peau de l'ours

26/04/2017 07:01

 

« Deux compagnons pressés d’argent, à leur voisin fourreur vendirent la peau d’un ours encor vivant…. »

La bande à Macron ne s’est-elle pas réjouie trop bruyamment lors de la nuit du 23 au 24 avril donnant l’impression que, méconnaissant la fable de Jean de La Fontaine, elle avait  décroché la victoire ?

Or la réponse définitive devra attendre le 7 mai et si j’en crois la tournure que prend le dernier match, une grande incertitude s’installe.

Même si beaucoup de leaders républicains ont incité leurs adhérents à voter Macron, n’hésitant pas à nommer l’homme, d’autres ont utilisé des tournures alambiquées pour suggérer leur consigne, marquant par là leur répugnance à entériner la victoire de l’adversaire d’hier.

Mais pour d’autres pas question de consommer leur reddition. Boutin se dresse gaillardement à la tête des catholiques progressistes et ramassant la bannière en lambeaux de Fillon, suivie par toute une procession de fidèles, file tout droit chez Marine Le Pen. Ce qui fait un joli paquet de trouffions.

Mais surgit une autre inconnue : Jean-Luc Mélenchon, KO debout, a beaucoup de mal à réaliser sa défaite. Les foules s’étant pressées si nombreuses autour de lui ou de ses hologrammes qu’il avait eu la sensation qu’il était parvenu à gagner la France entière à sa cause. Or 450.000 personnes enthousiastes, c’est énorme mais ça n’est pas toute la France. Et, alors que tous les insoumis attendent une consigne de leur chef, aucun son ne parvient à franchir la bouche de cet homme sonné. Il ne peut pas prononcer le nom de celui qu’il a violemment combattu. Pour lui, l’insoumis, ce serait passer sous les fourches caudines, courber le dos, les mains liées, autrement dit se déshonorer. C’est donc à ses troupes de se prononcer. A leur décision il veut bien se soumettre. Ça n’aura pas le même effet : Il se rangera à l’avis de ses troupes, en bon républicain qui sait consulter la base. Et l’honneur sera sauf.

Mais trotte dans la tête de certains Insoumis une solution très tentante et qui non seulement effacerait la défaite mais permettrait de reprendre le combat : Passer un contrat plus ou moins officiel avec un adversaire qui partage nombre de points communs, notamment le Frexit.

En faisant alliance avec Marine Le Pen, en apportant au FN 450.000 voix, plus celles qui, séduites par cette solution, seraient très heureuses de stopper net « La France en marche » dont on ne sait pas d’où elle sort, d’où viennent ses capitaux, Jean-Luc Mélenchon récupérerait l’initiative et pourrait co-diriger le pays dans un premier temps puis prendre définitivement les pleins pouvoirs.

Quelle belle et bonne idée ! Macron serait battu ! Et la lutte continue !

Quand on vous conseillait de ne pas vendre la peau d’un ours qui court encor !