La réforme ? Tel père, tel fils.

26/05/2015 16:09

 

La réforme ? Tel père, tel fils.

 

Geneviève Latreille, (1929-1982)  fut une universitaire  lyonnaise spécialiste des sciences sociales, qui, dès sa jeunesse, à la libération, milita au PSA puis au PSU, avec Michel Rocard, pour un rapprochement politique entre la France et l’Allemagne. Parallèlement à cet engagement, elle fit une thèse de troisième cycle sur l’orientation des élèves du département de la Drôme, où elle travailla durant dix ans comme conseillère d’orientation scolaire.

De son expérience elle tira une thèse de troisième cycle qui paru sous le titre de « Orientation professionnelle et système scolaire » aux éditions du CNRS – 1966.

Les conclusions de ce travail effectué dans un département qui présentait cette caractéristique d’être alors un échantillon représentatif de la France, fut que, quelle que soit la pédagogie, un élève brillant sur le plan scolaire mais dont les parents, et notamment le père,  exerce un métier modeste, peu valorisant et donc peu rémunéré, n’envisagera comme avenir professionnel qu’un métier qui se rapprochera du modèle paternel. Il ne pourra s’autoriser à envisager une profession dont le statut social, supérieur, le différencierait exagérément de son père.

Par contre, un élève très moyen, voire faible, ou même cancre, mais dont le père exerce une profession relativement prestigieuse, aura toute chance non seulement d’envisager ce même avenir professionnel, mais surtout de l’atteindre, quels qu’en soient les moyens.

 

Ainsi, au moment où vient d’être officialisée la réforme décidée par Najat Vallaud-Belkacem, je me demande si le procès d’intention que l’on ne cesse de faire à Madame le Ministre de l’Education  Nationale, mis à part peut-être des réajustements du côté des apprentissages de l’allemand, du grec et du latin, ne soulève pas de faux problèmes.

L’échec d’une partie importante de jeunes qui sortent quasi analphabètes du système scolaire n’est il pas dû bien moins à l’école qu’au fait que les parents de ces jeunes vivent un état de dévalorisation tel qu’ils ne peuvent offrir à leurs enfants que des perspectives misérabilistes ?

Permettre à tous les parents de mener une vie digne, notamment grâce à un travail valorisant dans lequel ils seront respectés, donnera aux enfants le droit de se prouver qu’ils peuvent faire au moins aussi bien qu’eux. Ils seront bons élèves, parce que motivés.

Et à l’occasion, je rappelle une idée que je trouvais géniale et qui circulait lorsque « Désir d’avenir » permettait de rêver : Que le diplôme « Permis de conduire », indispensable actuellement pour vivre en relative autonomie, soit obtenu par toute personne sortant du lycée. Il devrait y avoir moyen d’établir des conventions avec les professionnels des auto-écoles afin qu’ils ne soient pas lésés. Ce diplôme permettrait l’apprentissage du civisme par le biais du code de la route, révélerait la beauté et l’intelligence de la mécanique et pourrait susciter des vocations. Et il aiderait l’accès à l’adultité.