La VIe République

12/10/2014 14:21

 

Aurélie PHILIPPETTI, dans un entretien à Médiapart recueilli par Lénaïg BREDOUX, proclame :  « Il faut une VIe République et un pouvoir moins monarchique ». Je crois bien volontiers à la sincérité et la pertinence de cette exigence d’autant qu’elle me semble bien antérieure au moment où j’en ai eu moi-même conscience. Elle et d’autres personnes de gauche l’affirmaient alors que je n’en voyais pas l’utilité.

Mais si je trouve intéressants les arguments avancés, je reste sur ma faim car j’espérais que Madame Philippetti ne se contenterait pas de généralités. Elle a pourtant l’honnêteté de reconnaître que François Hollande qu’elle a soutenu dès les primaires, s’est trouvé pris au piège des institutions qui accordent  un rôle prééminent au Président d’une République qui devient quasiment une monarchie, alors que ce n’est pas dans le tempérament de Hollande de tenir un tel rôle. Ce serait, semble-t-il le péché originel de cette mandature, qui a entraîné bien d’autres dysfonctionnement. Soit ! Mais si VIème République il y a, comment celle-ci doit-elle être bâtie ? Par qui, et quand ? C’était à ce type de questions que j’espérais réponse.

J’ai fait la proposition que ce changement soit mis en œuvre dès maintenant par François Hollande. Ayant vécu les difficultés de la Cinquième de l’intérieur, peut-être est-il bien placé pour vouloir en changer. Il suffirait qu’il enclenche une étude conduite par des gens compétents, c’est à dire des spécialistes, sous le regard de citoyens de base, avec production d’un texte adopté ou non par référendum. Ce serait un beau cadeau offert à la France, et au successeur, en 2.017.

Mais imaginons que François Hollande refuse un tel scénario, le changement souhaité serait alors l’affaire des partis qui feraient élire leur candidat sur un projet de nouvelle constitution, ou d’un refus de changement. Les partis auraient alors l’occasion de reprendre l’initiative en promouvant ou une société nouvelle organisée selon leur idéal, ou à reconduire celle qui existe, quitte à apporter quelques améliorations.

Dans les deux cas -  initiative du Président ou des partis -  l’intérêt serait,  non de ressasser un passé douloureux, mais de projeter le Pays dans l’avenir, de lui ouvrir des perspectives conformes au souhait d’une majorité, textes faits de propositions précises et non pas de « Ya qu’à… »

Ainsi en 2.017, le Président, s’il est toujours élu au suffrage universel, le serait à partir d’un projet cohérent. Il ne se retrouverait pas, comme l’est à présent Hollande, prisonnier d’un carcan qu’il n’a pas choisi. Les chances se retrouveraient enfin du côté de la France.