L'AFFAIRE FLEUR PELLERIN

29/10/2014 01:50

 

 

Entretien avec Albert Sebag, chef du Service Culturel au POINT

De notre envoyé spécial Mitin Tinlou

 

M.T. –Bonjour Monsieur Sabag, voici plusieurs articles que Le Point consacre à ce qui devient une véritable affaire d’Etat, je parle de la grave bévue qu’a commise notre Ministre de la Culture.

A.S. – Vous faites allusion à l’aveu de Madame Pellerin qui, non seulement  ne connait pas l’œuvre de Patrick Modiano, mais reconnait ne pas avoir lu un seul livre depuis deux ans.

M.T.- Tout à fait et…

A.S. – Et j’estime que c’est totalement inadmissible. Comment voulez-vous que l’on puisse accorder le moindre crédit à un Gouvernement dont Madame le…la Ministre de la culture reconnait ne pas avoir ouvert le moindre livre depuis plusieurs années. Que ses seules lectures sont des SMS ou des tweets, voire des billets durs ou doux. C’est se moquer du monde. Ne nous étonnons pas si la cote de confiance du Président de la République et de son Gouvernement avoisine zéro.

M.T. – Dans un article du jour, vous citez  le célèbre romancier et essayiste, Christian Combaz,  qui -  je vous cite -  « crie carrément au « scandale ».

A.S. – Qui, avez-vous dit ?

M.T. – Christian Combaz.

A.S. – Connais pas ! Mais cet écrivain sait de quoi il parle, et je suis tout à fait d’accord avec lui. C’est inadmissible.

M.T. – Et l’écrivain ajoute : « Quand on est chargé de la promotion de la culture française, le matin où l’on apprend que Patrick Modiano a décroché le prix Nobel, on demande un dossier de presse avant dix heures et demie. N'importe quel cadre commercial à qui l'on vient d'annoncer l'obtention d'un nouveau marché se rue sur les informations du tribunal de commerce"…

A.S. – Oui, c’est ça le job d’un ministre. Ainsi grâce au survol d’un dossier, personne ne saura que vous n’avez jamais lu la moindre ligne du prix Nobel en question. Evidemment, à ce poste de responsabilité, s’informer est élémentaire. Figurez-vous que - mais ça c’est entre confrères – Je ne connaissais même pas le nom di Nobel, ça ne m’a pas empêché de faire de très bons articles sur lui.

M.T.  – Comme « Réponse au Fleur Pellerin bashing !»

A.S. – Oui, je me suis bien amusé. Je préfère me moquer avec humour.

M.T. -  Et même de vous moquer de vous-même. C’est très courageux. Ainsi parmi le 17 professions que vous avez citées, vous vous présentez en disant : « Je suis journaliste, je n’ai pas du tout le temps de m’intéresser à l’actualité depuis deux ans. Je suis trop pris par le poker, qui est ma passion. »

A.S. –J’ai écris ça, moi ?…c’est pas possible, c’est une erreur…

M.T. – Et savez-vous que sur les 17 professions que vous citez, de fait 1es statistiques nous apprennent que 8  n’ont pas ouvert un livre depuis la fin de leurs études, dont cinq analphabètes… Ce qui n’est pas votre cas puisque vous laissez entendre que vous pratiquez même l’anglais : « Réponse au « Fleur Pellerin bashing » et non « Réponse au lynchage médiatique de Fleur Pellerin ». Pourquoi ?

A.S.- Et c’est un journaliste qui me pose la question ! Ben voyons, ça sonne mieux. Bref, incisif. Et puis « lynchage », c’est dépassé, ça n’est compris que par les vieux, alors que » bashing » ça parle à un jeune. Il imprime immédiatement. Se faire bâsher, c’est quasiment français. Le Point s’adresse  essentiellement aux jeunes, à la France de demain !

M.T. – Qu’avez-vous pensez de la question de la journaliste Maïté Biraben ?

A.S. – D’abord, elle n’est pas journaliste. C’est une amuseuse publique qui intervient dans une émission de variétés et se fait payer pour terroriser les invités. Un peu comme les clowns en ce moment. C’est une mode sauvage qui nous vient d’Amérique. Ses seules interventions journalistiques n’ont rien à voir avec la Culture, d’où sa question vacharde. Elle se venge de gagner sa vie en faisant du people. D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais sa question était biaisée. « Quel roman de Modiano avez-vous préféré ? » n’était pas précédé comme l’aurait fait tout honnête journaliste par « Avez-vous lu du Modiano  ? ». Mais sa question à elle était vraiment un piège car supposant que toute personne normale et cultivée a nécessairement lu cet auteur. N’empêche que chapeau ! La Biraben a rempli son contrat. Elle a cassé définitivement, sans doute au-delà de ses espérances, une femme qui par ailleurs fait très bien son boulot. Canal plus a dû lui verser une prime.

 


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