L'ALLEMAGNE OU LE SYNDROME DU PREMIER DE CLASSE

22/07/2015 20:47

 

J’ai écouté avec attention le débat qui opposait Valérie Rabault à Cédric Durand (et ses nombreux supporters). Ce qui, à mes yeux, fut remarquable est que l’une et l’autre me semblait fondamentalement d’accord. Tous deux dépensaient leur énergie à défendre la Grèce, à trouver scandaleux le mépris et la désinvolture avec lesquels cette nation avait été traitée par l’Europe. Leurs témoignages convergeaient, bien que souvent différents. Leur analyse en tant qu’économistes me semblait très proche. Elle aurait sans doute été totalement différente si elle avait été présentée par un économiste libéral. Autrement dit, il m’apparaissait clairement que ces deux personnes appartenaient à la gauche, même si quelques sourds tentaient de faire croire que Madame la députée socialiste du Lot et Garonne défendait des thèses libérales. Ces deux personnes, pour moi, exposaient des positions dans lesquelles je me retrouvais tout à fait. Mais là où je ressentis l’expression de mes propres  doutes fut lorsque fut abordé le principe de réalité.

Pour Madame Rabault, Hollande a été le seul de tous les chefs d’Etat européen à défendre la Grèce. Il a obtenu que le Grèce reste dans l’Europe, qu’elle n’en soit pas chassée, que le Grexit que les autres, et notamment l’Allemagne, souhaitaient et avaient même prémédité, n’ait pas lieu. Sinon, selon Valérie Rabeault, c’eut été un drame pour ce Pays.

Alors que, pour Cédric Durand, l’énergie dépensée par le Président Hollande était inutile, et si j’ai bien compris, nuisible. Sortir de l’Euro, puis de l’Europe aurait été la meilleure chose qui puisse arriver au Grecs. Ça leur aurait permis de sauver leur honneur et de ne pas s’agenouiller devant le Grand Inquisiteur (l’expression est de moi pour désigner Schaüble), mais surtout, le Grexit était le seule voie qui aurait permis à la Grèce et de sauvegarder son indépendance et de sortir de la crise économique. Cette dernière hypothèse me paraissait hasardeuse mais possible.

Les deux positions me paraissaient défendables. Mais « le principe de réalité » exigeait de choisir. Par contre, ce qui me parut évident est que Hollande ne s’est pas senti assez fort, n’a pas osé imposer un point de vue courageux et qui aurait peut-être modifié la donne, en protestant solennellement à la solution intenable imposée à la Grèce.

Il aurait dit NON, comme l’a fait courageusement le peuple grec, NON au désir de détruire un Pays, de l’humilier, de le culpabiliser, NON à ce massacre, contraire aux principes élémentaires des droits d’un Pays. Car ce qui est imposé aux Grecs est absolument INACCEPTABLE.

Je crois que Hollande a manqué gravement de courage en tentant de conserver de bonnes relations avec Merkel, alors qu’il laissait passer l’occasion exceptionnelle de rappeler à l’Europe son devoir de solidarité. Merkel aurait peut-être été sensible à un tel argument, sentant que Schaüble flatte par   démagogie ses citoyens pour qui le respect de la règle est un principe sacro-saint.

En effet, Valérie Rabeault a affirmé au cours du débat qu’elle avait pris contact avec ses homologues allemands de Gauche et qu’elle avait été stupéfaite de constater que même chez ces personnes « l’obsession du respect de la Règle » primait sur tout autre considération.

Alors moi qui fait encore partie de cette génération qui a subi l’horreur nazie, je pose à mes quatre amis Allemands, Alfred, Gernt, Birgit et Haneke, sincèrement, espérant ne pas les perdre, cette question « Votre éducation ( peut-être pas personnelle) mais celle de votre peuple, est-elle telle que  lorsqu’une personne que vous reconnaissez comme chef vous impose des règles, quelles que soient les conséquences, vous vous devez de les respecter ? N’est-il pas possible pour votre peuple de les remettre en cause ? Or j’ai vu, de mes yeux vu, les conséquences effroyables qu’a produit (presque) tout un peuple qui a suivi son Führer dans sa monstruosité, ne reproduit-il pas cette même et grave erreur avec le peuple grec. C’est aujourd’hui la terrible question qui se pose à moi.

S’il vous plait, amis allemands, s’il vous plait, n’oubliez-pas que vous avez un cœur.

Personnellement, il m ‘est arrivé de désobéir au MAITRE, mais c’est vrai que j’ai mal élevé.