L'ARGENT

29/01/2015 18:11

 

QU’il est doux de penser que tous les citoyens de notre beau Pays ne connaissent pas les fins de mois difficiles, n’ont pas à décrypter deux ou trois étiquettes pour trouver le produit le moins cher, et n’ont pas besoin pour s’offrir des vacances de feuilleter un magazine d’agence de voyages qu’un autre médecin que le leur et pourtant non gréviste dépose en salle d’attente.

Ce qui nous vient bien sûr immédiatement à l’esprit sont les cas franchement pathologiques, de ces figures de cauchemar qui surgissent au détour de couloirs d’un Palais de justice, qui ont détourné des sommes dont on ne parvient plus à compter les zéros. Mais ces personnages ressemblent tellement à leurs caricatures qu’ils paraissent irréels et inciteront les juges à les laisser poursuivre leur errance de riche sans même passer une journée par la case prison.

Alors on se rabat sur des faits plus raisonnablement scandaleux, qui profitent à des gens plus semblables au commun, auxquels on a peut-être même un jour serré la main, dans la foule.

Ces gens par exemple qui ont été élus parce qu’ils sont parvenus à faire croire qu’ils se dévouaient pour nous, pour le bien du Pays, pour aider les petits à gagner un peu plus que trois sous. Certains croyaient en eux, à leur dévouement, en leur sincérité, alors qu’on ne savait pas que leur calculette avait surtout servi à compter ce qu’ils toucheraient quand ils laisseraient la place. Or un député soucieux des comptes de l’Etat trouvent que ces Ex-Serviteurs de la République le sont surtout d’eux-mêmes et nous reviennent très cher.

Alors c’est vrai qu’on peut trouver un peu exagéré que la seule retraite de député d’un encore jeune gentleman farmer atteigne 7.000 euros par mois, plus le reste bien sûr. Quand j’ai connu ce montant, j’ai aussi pensé à cette chambre si bien remplie de députés, sans compter le Sénat où « le pognon » (dixit un porteur de valise) coule à flot, en liquide bien sûr. C’est vrai qu’une dictature nous coûterait bien plus cher, mais n’y a-t-il pas quand même quelque réajustement à faire ?

Mais en ce qui concerne les 7.000 euros de Bayrou, c’est moins ce montant qui m’a étonné que le toupet de la journaliste, une certaine Maïtena Biraben, qui exige transparence de la part de l’homme politique, et refuse de dire combien Canal + la paie, moins pour informer le public que pour s’offrir  ce petit moment de gloire qui est de se faire un politique.

Pas plus élégant d’ailleurs la pseudo information du Monde qui se veut de dénoncer que « Pierre Moscovici n’assume pas sa rémunération… pourtant publique ! » Ce qui nous informe simplement que l’auteur de ce titre saurait, lui, ou elle, l’assumer !

Ah l’argent. Le nerf de la guerre, dit-on, je crois. Et pourquoi pas de la paix. Syriza n’attend que ça !