Le Christ est mort, vive Jésus

09/05/2016 08:33

 

 

Si, comme je tente de l’expliquer dans mon précédent billet, les religions sont une des expressions de l’univers magique de la toute petite enfance, autrement dit une invention humaine, que dire de la religion chrétienne, et plus spécialement de la religion catholique ?

Pour ma part, ayant vécu et pratiqué cette religion avec sincérité et conviction durant presque un tiers de ma vie, je peux affirmer qu’elle est œuvre géniale favorisée par l’ascendant que commençait à prendre à l’époque de sa création la raison sur la barbarie et la superstition. Elle s’est construite sur les décombres de la religion juive que des millénaires de tradition avaient sclérosée : une caste sacerdotale imposant un amas d’interdictions, de rituels et incitant à la délation,  maintenait le peuple juif en esclavage au nom d’un Yahvé redoutable.

C’est alors qu’un homme, Jésus de Nazareth, se révolta. Il savait ce que signifiait iniquité : sa toute jeune mère vraisemblablement violée, avait échappé à la lapidation, car une femme qui conçoit un enfant hors mariage, même dite violée, ne pouvait qu’avoir voulu séduire un brave homme et donc devait être lapidée. Un vieux sage, Joseph, très instruit, la sauva en reconnaissant l’enfant à naitre comme étant son fils. Ce mariage permit à la femme et à son enfant de partager la sagesse et la culture de Joseph et donc de porter un regard critique sur l’état du Pays.

Ainsi, écœuré par la violence et la cruauté de lois iniques de son pays, Jésus imagina un système politique qui prônait le contraire de celui existant. Au lieu de pratiquer méfiance et dénonciation du voisin s’il ne respectait pas la loi, Jésus  invita à  « respecter et aimer son prochain ». Il n’était pas question pour Jésus de concurrencer la religion existante d’Israël, mais simplement d’en changer les conditions politiques. Le succès fut immédiat. Jésus sut enthousiasmer les foules. Son charisme était immense.

Mais le Pouvoir en place prit peur. Le peuple lui échappait. Il leur fallait supprimer l’agitateur. Or seuls les occupants de l’époque, les romains, avaient le droit de condamner quelqu’un à mort. Un procès truqué obligea les romains à condamner Jésus à la crucifixion. La foule fut témoin de la mort de Jésus. C’était un vendredi soir.

Les nombreux admirateurs de Jésus étaient désemparés. Ils avaient perdu leur maître à penser. Ils  avaient cru en lui. Une nouvelle vie, heureuse celle-là, et digne, se présentait à eux, or tout s’effondrait. Ils étaient perdus. Beaucoup parmi les adeptes s’étaient plus ou moins consciemment persuadés que cet homme exceptionnel était le MESSIE ardemment attendu ! Or ne leur restait que le désespoir !

Joseph d’Arimathie, un sympathisant, obtint de recueillir le cadavre de Jésus pour lui donner une sépulture digne. Avec un serviteur, il entreprit l’embaumement du corps. Mais les deux hommes durent s’interrompre, car venait le sabbat, et en bons juifs pratiquants, ils devaient cesser toute activité, et ce, jusqu’au dimanche matin.

Marie, la mère de Jésus, et des proches, suivirent de loin l’embaumement. S’assurant du départ de Joseph d’Arimathie et de son compagnon, ils s’emparèrent de la dépouille de Jésus pour aller l’enterrer en Galilée, à côté de la tombe de Joseph.

Lorsque le dimanche aux aurores Joseph d’Arimathie arriva devant le tombeau pour parachever son travail, sa surprise fut totale. Le cadavre avait disparu.

Stupeur ! Désarroi ! Affolement ! Sacrilège !

C’est alors que, je suppose, un vieux sage prit la parole :

« Cette absence de corps est une merveilleuse nouvelle. Elle est un signe. Elle signifie tout simplement que, de même que nous avons tous pu constater la mort de Jésus, l’Oingt du Seigneur, le Christ, nous sommes témoins aujourd’hui de sa résurrection ! Il est revenu des morts pour nous indiquer à nous autres pécheurs le chemin de la Vie, de la vie éternelle…. »

Cette absence de cadavre est devenue la preuve de l’immortalité du Christ et de sa divinité.

Les jours qui suivirent, nombreux furent ce qui le virent, à droite, à gauche, au même moment, sans que ça ne paraisse anormal. Au contraire, le don d’ubiquité n’est-il pas précisément une des caractéristiques de la divinité.

Ainsi, le jour de Pâques des chrétiens est devenu une immense fête, preuve de la divinité de Jésus… par absence de cadavre.

Magique !  

Or si aucun historien sérieux ne conteste l’existence historique de Jésus, qui est, à mes yeux, le plus grand homme politique de tous les temps, ce sont d’autres personnes, ferventes,  qui, de bonne foi,  ont créé et alimentent le mythe du Christ.

Mythe qui est certitude pour les chrétiens, et valeur intangible. Que nous autres incroyants devons considérer avec respect, sans moquerie ou condescendance.  Il donne un sens à la vie d’une foule de fidèles.                                                                                        

 

…à suivre