Le journal d’un frontiste, ce 3 mars 2057

04/03/2017 09:37

Aujourd’hui, quel français ayant franchi la porte d’une école maternelle ne connait pas les deux dates essentielles de l’Histoire de France : 732 : Bataille de Poitiers. (le 25 octobre 732 - Charles Martel arrête une razzia arabe)  et le 7 mai 2017 : Victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle !

Les manuels d’Histoire de France de mes études secondaires que je sortis de ma bibliothèque pour me faire une idée de l’intoxication précoce et généralisée dont ma généralisation fut victime, me surprirent par l’ampleur du panégyrique élevé autour de la glorieuse présidente. Mais question de faits, rien ou presque n’était relaté. Heureusement que Carole me proposa ses propres sources.

Je découvris ce qui m’amena à vivre en toute quiétude et apparente normalité une dictature à la française.

En 2017, le Président François Hollande vivait une fin de quinquennat lamentable : l’homme était déconsidéré, pris pour un être falot, qui avait renoncé à ses propres idées, ayant honteusement trahis tous ceux qui lui avaient confié leurs espoirs d’un monde meilleur. Pourtant cet homme de gauche avait mis en place des réformes importantes qui commençaient à avoir des effets bénéfiques, notamment dans sa lutte contre le chômage. Il avait aussi pris une décision héroïque dans un contexte de guerre où tous désiraient la paix et qui fut minimisée ou caricaturée par ses adversaires :

Il informa les autorités maliennes de l’envahissement imminent par l’E.I. de leur territoire, et leur proposa une intervention de l’armée française qui, seule, était en mesure de contrer le Daes ( une bande d’extrémistes musulmans qui considéraient comme prescription divine la guerre contre l’Occident ). Bamako demanda expressément l’intervention de la France. Les forces françaises anéantirent des troupes ennemies fortes et bien organisées. Victoire décisive : Fut évité qu’une armée de musulmans intégristes, sans attaches physiques, acquiert une zone géographique déjà constituée en état, le Mali, et n’impose au monde entier leur légitimité gouvernementale, avec Bamako comme capitale. L’audace et la détermination de Hollande évita une catastrophe aux conséquences mondiales désastreuses. Mais personne n’avait intérêt à souligner ce haut-fait.

Ce ne fut que plus tard, au cours de la campagne électorale qui suivit, que Hamon rétablit l’honneur du Président encore en exercice. Il avait désavoué l’action du Président en faisant partie de ceux qu’on  appela « les frondeurs », trouvant que la politique d’Hollande n’était plus de gauche. Mais analysant les raisons, inaperçues à l’époque, de ce désamour stupéfiant, il reconnut  que Hollande avait été totalement neutralisé dès le départ. Il ne pouvait plus agir comme il avait espéré le faire, en homme de gauche, et  pourquoi ? La faute à la Primaire !

Lors du choix du candidat socialiste pour la présidentielle de 2012, il apparut que les appétits étaient grands et nombreux. Le PS souffrait d’un trop plein d’hommes de grande qualité et compétence. Alors, pour dégager sans ambiguïté un chef et mettre tout le monde d’accord, l’idée d’organiser « une primaire » s’imposa. Les électeurs de gauche décideraient. Et en effet, cette primaire exemplaire permit de choisir nettement le candidat : François Hollande.

Mais ce n’est qu’ensuite qu’un effet pervers se manifesta. Cette compétition avait exacerbé les appétits et légitimé l’ambition de ses  participants, qui tentant de persuader les électeurs qu’ils étaient  les meilleurs, en furent les premiers convaincus. Chacun se vit président. La déception des perdants fut immense et la rancœur envers le gagnant si tenace que François Hollande ne put plus compter sur leur appui. Il se trouva seul, entouré d’adversaires qui tentèrent de prouver à tous les électeurs combien ils s’étaient trompés. Et ça marcha : François Hollande fut empêché de réaliser sa politique de Gauche et dut abdiquer.